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La crise économique n’est pas celle du marché, mais celle de l’Etat Providence, dont la législation et les politiques ont déréglé la monnaie, la finance, la gouvernance des entreprises et ont altéré les vertus morales nécessaires à une société de libertés. C’est ce constat qui a conduit les organisateurs du Congrès de la Société de Mont Pèlerin, tenu à Stockholm du 16 au 19 août à prendre pour thème : l’économie de marché peut-elle survive à l’Etat Providence ? Alors que les étatistes de tous bords et de tous pays veulent changer le marché et le capitalisme, les libéraux se demandent comment affranchir le monde contemporain de l’hypothèque dirigiste. Le marché a besoin d’une monnaie saine. Comment l’obtenir d’un Etat qui s’est arrogé le monopole de l’émission et de la circulation monétaires ? Prix Nobel d’économie, James Buchanan prône la constitutionnalisation de la monnaie : que les gouvernements soient mis dans l’impossibilité de mener une politique monétaire parce que la constitution le leur interdira. Cette recommandation n’a pas fait l’unanimité, et de nombreux participants ont estimé qu’il s’agissait d’une demie mesure, la vraie solution consistant à mettre en concurrence des banques privées responsables de leur propre monnaie (Hayek l’avait proposée dès 1976). Le marché a besoin de règles de droit pour la transparence des opérations financières, et plus généralement des contrats. Le professeur Richard Epstein (Chicago) a rappelé l’importance des droits de propriété, leur efficacité et leur contribution au bien-être social. Cette approche « utilitariste » a été contestée par ceux qui voient dans la propriété un droit imprescriptible. La règle de droit ne peut se soumettre à un impératif social, elle est du domaine de l’ordre spontané, elle naît de l’évolution institutionnelle, que certains pensent guidée par le droit naturel. De très nombreuses interventions ont énuméré les atteintes à la propriété subies aujourd’hui à travers la fiscalité et la réglementation. Le marché a besoin de « vertus bourgeoises » (Deirdre McCloskey, Uny of Illinois Chicago) comme l’honnêteté, l’épargne, le travail, le respect des autres, le sens de la propriété. Ces vertus ont explosé à l’époque de la Révolution Industrielle, elles sont aujourd’hui menacées mais elles sont inscrites dans le destin de l’homme libre et digne, ce qui devrait conduire à un certain optimisme. Par contraste, le président actuel de la société du Mont Pèlerin, le professeur Deepak Lal (UCLA) affirme que nous nous acheminons vers un « nouveau paganisme », fruit de l’éclatement de la famille, et des révolutions sexuelles et féminines qui l’ont accompagné. L’Etat Providence a tué les valeurs morales de la religion chrétienne et plus largement des religions sémites monothéistes, et la mondialisation ne peut pas les restaurer, tout au contraire. Symbole du néo-paganisme : les écologistes. Devait-on en rester à cette sombre perspective ?
Beaucoup de membres de la Société du Mont Pèlerin, et surtout les jeunes (la Société
s’est rajeunie dans des proportions impressionnantes) veulent croire à l’influence
des idées de la liberté. Daniel Klein (California Uny)
Bryan Caplan (George Mason Uny),
Karen Horn (IDW, Cologne) misent sur la force de frappe
des idées de la liberté, servies par les nouvelles technologies et la mondialisation. Cet optimisme raisonné pouvait se nourrir de l’exemple suédois. A l’invitation des organisateurs du congrès, les membres de la société ont pris contact avec ceux qui, en Suède, ont fait reculer l’Etat Providence depuis quelques années : réduction des dépenses publiques, réforme de la sécurité sociale et surtout bouleversement du système scolaire et universitaire par la mise en concurrence d’établissements autonomes, choisis librement par les familles et les étudiants grâce à un système de bons scolaires, sources d’économies budgétaires substantielles et de qualité croissante de l’enseignement. La confiance, l’engagement et la persévérance sont aussi des vertus indispensables aux hommes libres. Elles seules peuvent faire reculer l’Etat Providence et nous éviter le néo-paganisme. Le 2 septembre 2009
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