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Il
ne faut jamais croire les dictateurs, surtout lorsqu’ils sont spécialistes
de la désinformation, voire du terrorisme. Mais nous ne pouvons résister
au plaisir de citer les propos tenus par le dictateur libyen, le colonel
KADHAFI, à l’occasion du 39° anniversaire de son accession au pouvoir,
dans un discours télévisé par la RAI de cent minutes, prononcé en présence
notamment de Silvio BERLUSCONI. Celui-ci venait d’ailleurs de signer un
accord « réglant définitivement le contentieux colonial ». La
repentance est à la mode, les colonisateurs ont été particulièrement odieux
et ont apporté misère, injustice et dictature – c’est bien connu, et çà
sent bon le gaz et le pétrole. Revenons
à KADHAFI : il fait maintenant profession de lutter contre la corruption
qui empêche ses concitoyens de bénéficier de l’envolée des revenus pétroliers.
Il
a trouvé la solution miracle : supprimer les administrations. « Tant
que l’argent est géré par une institution gouvernementale, il y a du vol
et de la corruption ». Donc « la solution est de mettre fin
à l’administration qui dépensait l’argent et de donner directement l’argent
aux gens pour gérer leurs affaires eux-mêmes ». Ainsi, la société
libyenne va « se reformuler elle-même dans un sens nouveau, libre
et démocratique ». Avons-nous
mal compris ? Non, il précise que tous les ministères seront supprimés,
sauf les affaires étrangères, la défense, la sécurité et la justice. « Vous
accusez à chaque fois les comités populaires (= les ministères) de corruption
et de mauvaise gestion. Donc que chacun ait sa part dans sa poche et qu’il
se débrouille ». « L’argent que nous mettons dans le budget
de l’éducation, je dis laissons les Libyens le prendre. Mettez-le dans
vos poches et éduquez vos enfants comme vous voulez, prenez-en la responsabilité ». Il
est vrai que la Libye est classée au top des pays les plus corrompus par
Transparency International. Et il est vrai que la corruption est d’autant
plus grande que l’Etat et l’administration sont omniprésents. Le diagnostic
est donc exact et le remède excellent. Reste à savoir comment concilier
cela avec un régime quasi-totalitaire, dont les libertés sont absentes.
On nous permettra donc d’avoir des doutes sérieux, mais on peut toujours
rêver. Evidemment, si KADHAFI applique son nouveau programme libéral,
la suite logique, et même la condition préalable, c’est qu’il doit démissionner,
pour laisser son pays retrouver la liberté. C’est peut-être beaucoup lui
demander. Mais, après tout, si le libéralisme, déjà mis à l’honneur par
les socialistes grâce à DELANOE, devient à la mode chez les dictateurs
du tiers-monde, tout devient possible…
Le 19 septembre
2008
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