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Depuis le temps qu’on en parle chez nos
amis italiens, il semble que cette fois-ci le fédéralisme fiscal soit
vraiment en marche. C’était une promesse de campagne de Silvio BERLUSCONI,
poussé par ses alliés de C’est l’Etat qui répartit ensuite la manne
entre les collectivités locales, essentiellement en fonction des dépenses
de l’année précédente (« Dépenses historiques »), ce qui encourage
le gaspillage : dépenser le plus possible et récolter ainsi plus
de ressources. Avec la nouvelle loi, « un citoyen
pourra juger du travail de son administration locale en comparant le service
offert avec son coût ». Cette réforme s’accompagnera d’une simplification
des taxes, un propriétaire italien payant actuellement 5 ou 6 impôts différents
pour son logement. Le projet détaillé sera présenté bientôt en conseil
des ministres, avec une application progressive à partir de 2009. Nos lecteurs connaissent bien la notion
de fédéralisme fiscal, que nous avons présentée ici plusieurs fois, ainsi
que sur le site www.libres.org et
dans les travaux de l’IREF (y compris au cours de l’Université d’Eté d’Aix).
La notion de fédéralisme fiscal avait été développée par Milton FRIEDMAN
et Dwight LEE et elle est en quelque sorte le complément naturel de l’idée
de subsidiarité. Comme nous le rappelons sur le site Libres.org dans le
compte rendu de l’Université d’Eté 2006, « c’est d’abord au niveau
le plus proche du citoyen que l’impôt doit être voté, ensuite les instances
locales peuvent voter des impôts pour une instance de niveau supérieur,
ainsi de suite jusqu’à l’Etat ou E. MARTIN (www.unmondelibre.org) rappelle les arguments classiques en faveur
du fédéralisme fiscal. C’est un système qui favorise une bonne gouvernance,
puisque qu’on « reconnecte les impôts payés au niveau local avec
les dépenses effectuées au niveau local ». La gestion des deniers
publics n’en est que meilleure. C’est là que la concurrence intervient,
puisque les entreprises (et même les individus) choisiront de s’installer
plus volontiers dans les régions à faible fiscalité. Il faut donc bien
gérer les dépenses publiques pour attirer du monde, tout en fournissant
de bons services publics. Pouvoir ainsi comparer permet à une certaine
concurrence de jouer. Quant aux élus, étant plus autonomes, ils seront
plus responsables et plus soucieux de leurs administrés : il en découle
une meilleure démocratie de proximité. Quant à la simplification fiscale,
elle améliore la lisibilité du système. Nos amis italiens (il faudra voir si la
réforme va jusqu’au bout) semblent avoir compris tout cela, mieux que
d’autres européens. Les Allemands, qui ont pourtant un Etat fédéral, conservent
l’essentiel de la décision au niveau central. Et la décentralisation à
Bien entendu, on peut discuter certains
aspects du projet italien (comment fonctionnera le « fonds de péréquation » ?).
Mais, dans ce domaine, les Italiens ouvrent la voie. Il serait heureux
qu’ils fassent des émules dans les divers pays d’Europe, ainsi que pour
la fiscalité de l’ensemble de l’Union européenne.
Le 17 septembre
2008
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