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Les conventions démocrate et républicaine
ont eu lieu ; les candidats ont été officiellement désignés ;
ils ont choisi leurs vice-présidents. On peut donc passer, au-delà du
folklore des conventions et du soutien des poids lourds de part et d’autre,
aux choses sérieuses, d’autant plus que les sondages sont serrés. En ce qui concerne les vice-présidents,
Barack OBAMA a fait un choix très classique, visant à compenser ses propres
faiblesses. Le sénateur Joe BIDEN est un homme d’expérience, plus âgé
que lui (il avait 11 ans quand BIDEN est devenu sénateur, il y a 36 ans !),
réputé pour sa connaissance de la politique étrangère (point faible d’OBAMA),
puisqu’il préside la commission sénatoriale dans ce domaine. C’est un
homme de Washington, ce qui est à la fois un avantage (il connaît la musique
et tous les rouages) et un inconvénient pour un candidat qui veut incarner
la rupture avec l’establishment. Il est sensé représenter l’électorat
des syndicats et de la classe moyenne, qui fait défaut à OBAMA. C’était
le choix de la raison. John McCAIN s’est ici montré novateur, ce
qui est logique puisque lui-même est beaucoup plus âgé et plus « classique »
qu’OBAMA. Il a choisi Sarah PALIN, âgée de 44 ans. (3 ans de moins qu’OBAMA).
C’est donc une femme (pour attirer les déçus du forfait d’Hilary), jeune
gouverneur de l’Alaska. Dans la mesure où McCAIN est plutôt au centre
du parti républicain et où les conservateurs, base électorale du parti,
sont un peu réservés à son égard, elle est là pour rassurer cet électorat,
car elle a pris des positions très hostiles à l’avortement et très favorables
aux baisses d’impôts : conservatrice en matière de mœurs, libérale
en économie, cela équilibre bien le ticket républicain.et, ce qui ne gâte
rien, sportive, belle et dynamique. Les démocrates n’ont pas été longs à parer
la contre-attaque : les écarts de Bristol, la fille de Sarah PALIN,
permettent de tourner en dérision le message d’une mère acquise à la morale
chrétienne. Sans doute la gauche aurait-elle apprécié que la jeune femme
avortât ! Par contraste la reprise de la croissance
(3,3 % au premier semestre) est une bonne affaire pour les Républicains.
Les évènements de Géorgie jouent aussi en faveur de Mc CAIN. De la sorte, la partie est plus serrée que
jamais. En France au contraire on dit que les jeux sont faits. A La Rochelle,
François HOLLANDE a fait applaudir OBAMA, tout en précisant qu’il n’y
avait pas de soutien officiel du PS au candidat démocrate (« nous
pourrions le gêner »). Le représentant du gouvernement à la convention
démocrate, Laurent WAUQUIEZ, au nom de la « droite sociale »
affirme « se sentir plus proche des valeurs » d’OBAMA, tout
en reconnaissant qu’il incarne « la gauche », certes « moderne »,
mais la gauche quand même. L’obamania a atteint l’élite française. Le 10 septembre
2008
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