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Nous avons dit à nos amis lecteurs notre
intention de suivre de près le Grenelle de l’environnement, car avec de grands
prêtres comme Jean-Louis BORLOO et Nicolas HULOT, on peut être légitimement inquiet.
Nous voici donc engagés dans la première
phase, celle des groupes de travail. Les premières informations qui parviennent
de ces réunions confirment toutes les craintes. On en est déjà à un millier de
propositions, entre lesquelles il faudra choisir. Voilà qui augure bien de ce
qui pourrait sortir de ce Grenelle au moment des décisions finales fin octobre.
Le Monde et Les Echos nous donnent un avant
goût des premières propositions. Sur le plan institutionnel, il est question de
réformer le Conseil économique et social en intégrant l’environnement. Nous aurions
préféré la suppression du CES, qui ne sert à rien, si ce n’est à offrir quelques
strapontins aux recalés du suffrage universel. Autre idée : « la création d’un
statut de lanceur d’alerte (sic) environnementale dans les entreprises » :
le seul mot de statut devrait faire frémir les amis de la liberté. Qu’on laisse
les entreprises en paix, au lieu de les obliger à créer des postes bidon, si ce
n’est même de commissaire politique à l’environnement. Les associations écologistes
veulent être représentées dans les comités d’entreprises (heureusement, les syndicats
sont contre, voulant garder leur monopole). Sur le climat, « tout le monde a adhéré
à l’objectif de division par quatre des émissions de gaz à effet de serre d’ici
à 2050 » : voilà des atteintes à la liberté en perspective. Par exemple
il est question de réduire la vitesse autorisée sur les autoroutes. Pourquoi ne
pas les réserver aux cyclistes pendant qu’on y est ? On parle aussi d’instaurer
un bonus malus sur les automobiles suivant les émissions de CO2. Sur l’habitat,
une nouvelle réglementation imposerait à l’occasion de chaque mutation (y compris
les locations) une rénovation thermique : de quoi réduire encore un peu plus
les droits de propriété. Bien sûr, chacun y va de son petit impôt.
Par exemple on parle d’une taxe baptisée « contribution énergétique climat
généralisée (CEGC) », sur toutes les énergies non renouvelables ; sans
doute dans le cadre des promesses de baisses d’impôt et de la lutte contre
la hausse des prix! Moratoire sur les OGM, bien entendu, et réduction de l’emploi
des pesticides dans l’agriculture sont au programme. En revanche, désaccord sur
le nucléaire ou sur l’incinération des ordures ménagères ou encore sur les autoroutes,
le gouvernement devra trancher. Évidemment, on peut se rassurer en se disant
qu’il est normal que dans la phase de « concertation », les idées partent
dans toutes les directions et que n’importe qui puisse proposer n’importe quoi.
Le gouvernement fera certes un tri judicieux, nous n’en doutons pas. Mais son
choix sera limité puisque toutes les propositions existantes vont dans le sens
d’une restriction radicale de nos libertés. Les écologistes de Grenelle nous préparent
à coup sûr la stagnation durable, le chômage durable, l’étatisme durable, la fiscalité
durable et les contraintes durables. L’opinion publique, dûment conditionnée depuis
des années, ne verra pas le terrorisme intellectuel imposé par les écologistes.
En réalité nous avons affaire à des Khmers verts ; bien proches des Khmers
rouges à bien des égards. Le 26 septembre
2007
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