HARMONISATION FISCALE EUROPEENNE : TOUS EN FLAT TAX !


Les hommes politiques en rêvaient, le marché l’a fait.

Une fiscalité harmonisée entre tous les pays de l’Union : nous nous en approchons à grands pas. Evidemment, cette harmonisation n’est pas exactement celle que désiraient les gouvernements désireux d’imposer autoritairement des taux et des bases uniques afin de mettre fin à cette « concurrence dommageable » (rapport Primarolo) et au « dumping social » naguère condamné par Nicolas SARKOZY. L’harmonisation qui est en train de naître est au contraire le résultat de la concurrence, et l’exigence de la compétitivité sur les marchés : tout le monde va « à l’encan », et réduit son appétit fiscal pour garder ses entreprises, ses capitaux et ses hommes. Le résultat, c’est une généralisation de la flat tax, une diminution drastique de la progressivité et une simplification considérable de la procédure d’imposition. 

On était allé très loin dans la voie de la progressivité, puisque par exemple en Grande-Bretagne, avant l’arrivée au pouvoir de Margaret THATCHER, les travaillistes avaient établi un taux marginal (le plus élevé) de 80% sur les salaires et même de 98% sur les revenus de l’épargne, ce qui fait qu’ajoutée aux autres impôts, la pression fiscale pouvait dépasser 100% du revenu. En France même, on a connu des tranches à 65%, augmentées de surtaxes les portant au delà de 70% (ce qui, avec l’ISF et les impôts locaux, dépassait souvent 100% du revenu). Il devenait évident qu’une telle progressivité était contre-productive, décourageant ceux qui voulaient entreprendre et créer des richesses, faisant fuir la matière imposable, détruisant ainsi les richesses en démotivant les individus. Partout, à partir des années 80 (REAGAN, THATCHER), la progressivité de l’impôt sur le revenu a été réduite (40% maximum en Angleterre, 35% aux USA). Mais le principe de la progressivité persistait.

Ce sont les pays de l’Est, anciennement communistes, qui ont ouvert une voie nouvelle en allant plus loin et en s’attaquant au principe lui-même : pourquoi ne pas créer la flat tax (« taxe plate ») consistant à faire payer à chacun le même taux, ce qui est profondément juste, puisque ainsi celui qui gagne dix fois plus qu’un autre paie dix fois plus d’impôts (et non pas cinquante ou cent fois plus comme avec l’impôt progressif).

C’est l’Estonie qui a commencé en 1994, avec un taux de 26%, ramené à 23%, puis à 20% en 2009. On trouve ensuite les autres Etats Baltes (Lettonie 25%, Lituanie, 24%), et aujourd’hui la Russie avec 13%, l’Ukraine avec 13%, de même que la Slovaquie, la Serbie à 14%, la Roumanie à 16%, la Géorgie à 12%.

Partout les effets ont été les mêmes : prospérité économique, explosion de la production, création de revenus nouveaux et d’emplois. C’est normal, puisqu’on s’attaque ainsi à la motivation microéconomique de ceux qui créent l’offre, c'est-à-dire des richesses : c’est l’incitation à entreprendre, à produire, à travailler, à investir, à épargner, qui est ainsi stimulée. Les recettes publiques ne s’en portent pas plus mal, car si le taux est allégé, la création de revenus nouveaux accroît le rendement de l’impôt : en Russie, depuis la flat tax, les recettes fiscales ont progressé de 80%.

Voilà pourquoi, d’autres pays vont suivre : la Bulgarie, comme nous l’avons annoncé la semaine dernière, avec un taux unique à 10% ; la République Tchèque, où le gouvernement libéral de Mirek TOPOLANEK a joué sa survie sur l’instauration d’une flat tax à 15%, puis à 12,5% en 2009. On annonce aussi des projets identiques en Hongrie, en Pologne, et même, au delà des pays de l’Est, en Grèce. A l’Ouest, on n’en est pas encore là, mais peu à peu le nombre de tranches diminue et les taux marginaux font de même.

Et la France ? En dépit du « paquet fiscal », elle reste un pays à forte progressivité. La baisse du taux marginal de l’IRPP à 40% s’est accompagnée d’une hausse de la part du revenu imposable (avec la fin de la décote de 20%). D’autre part il faut rajouter la CSG et la CRDS (11%), ce qui fait un taux effectif à 51%. Pourtant, on pourrait raisonnablement, en s’attaquant au poids des dépenses publiques, ramener, comme nous le proposons dans le guide du candidat (www.guideducandidat.org ) les tranches à deux (20 et 30%), avant de passer à la flat tax (20%). Voilà comment retrouver le chemin de la croissance économique.

Le 5 septembre 2007 

 
   

 

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