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Nous voilà à peine à la rentrée scolaire et déjà les syndicats menacent le gouvernement -et surtout les parents- du pire : l’automne sera chaud, parait-il. Pourquoi ? Parce que le gouvernement a commis une « agression », selon l’expression tout en nuances de Gérard ASCHIERI, du SNES. Qu’on en juge : 11 200 postes seront supprimés dans l’éducation nationale dans le budget 2008. L’éducation nationale ne pourra plus fonctionner. Pour notre part, nous trouvons que l’agression se fait vis-à-vis des électeurs libéraux, car l’éducation représente la moitié des effectifs de la fonction publique. Nicolas SARKOZY avait promis de ne renouveler qu’un fonctionnaire sur deux partant en retraite : il partira 80 000 fonctionnaires à la retraite, donc 40 000 enseignants environ. Un sur deux, cela aurait du faire 20 000 enseignants de moins. On est loin du compte et c’est nous, contribuables, qui devrions faire grève. De plus, cette réduction concernera les postes administratifs et les postes d’enseignants dans le second degré. Or celui-ci perd des élèves (25.000 encore cette année), et le nombre moyen d’élèves par enseignant est un des plus faibles du monde : 12,1 contre 15,8 aux Pays-Bas, 15,5 aux USA, 15,1 en Allemagne, 14,4 au Royaume-Uni, 14,1 au Japon, 12,9 en Suède, tous pays qui ne sont pas réputés pour être sous-développés en matière d’éducation. Sait-on que des centaines d’enseignants de langues « rares » (allemand, portugais) sont sans affectation (et ne parlons pas des décharges syndicales) ! On pourrait en revanche s’étonner que l’enseignant privé se voie réduit de 1 400 postes, alors que bien des élèves ne peuvent s’y inscrire faute de place et d’enseignants. Mais évidemment sur ce point les syndicats ne protestent pas, laïcité oblige. En réalité, cette baisse dans le public entrainera de très faibles conséquences, car les options seront tout simplement rationalisées. En outre, les syndicats ont la mémoire courte, car le nouveau gouvernement est allé dans leur sens, en supprimant le décret ROBIEN sur l’allongement du temps de travail : là encore, ce sont les contribuables qui devraient se révolter. Pour l’instant, les syndicats font de la surenchère verbale avant de passer aux actes : l’un parle de purge et de saignée, l’autre de régression jamais vue. On voit par là que le gouvernement se trompe en croyant amadouer les syndicats par des demi-mesures : de toutes façons, ils seront mécontents et menaceront d’une grève. Mais, comme d’habitude, ce sont les syndicats qui se trompent. S’ils avaient vraiment le souci des élèves, ils devraient effectivement faire grève, mais contre la politique étatique et centralisatrice du gouvernement. Car il est vrai que l’éducation nationale est malade, comme nous l’avons montré en détails dans notre guide du candidat (www.guideducandidat.org ) : « le parc d’attraction du mammouth ». Le système est ruineux et inefficace. Il sacrifie les générations futures. Tout cela a une cause principale : le monopole étatique sur l’éducation de la jeunesse : même le secteur privé sous contrat, pourtant un peu plus libre, est obligé de suivre les directives ministérielles. Si l’école ne s’adapte pas, c’est parce qu’elle est en situation de monopole, accentué par la carte scolaire, qui a à peine été assouplie. Les établissements ne sont pas libres de choisir leurs programmes, leurs financements, leurs professeurs ou leurs élèves. Les parents sont quasiment exclus du système, alors qu’ils devraient être les premiers responsables des choix éducatifs. Ce que les syndicats n’ont pas compris, ou plus vraisemblablement ce qu’ils ont très bien compris car cela sert leurs intérêts, c’est que l’éducation en France meurt d’être un service public, au lieu d‘être un service marchand stimulé par la concurrence. Et l’argument social est nul, car les libéraux ont toujours préconisé des solutions audacieuses comme le chèque éducation ou le coupon scolaire pour permettre à tous de choisir l’école de leur choix. La concurrence permettra de rendre de meilleurs services à moindre coût. Mais il est tellement plus simple de réclamer toujours plus de moyens à l’Etat, donc au contribuable. Jusqu’au jour où celui-là refusera de payer et se révoltera contre ceux qui nous gouvernent. Et ce n’est pas en nommant Michel ROCARD dans une commission sur la revalorisation du statut des enseignants qu’ont va aller dans le sens d’une réforme libérale… Le 7 septembre
2007
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