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CHINE :
LA MONDIALISATION
PERMET AUX FAMILLES DE REAGIR On connait le contraste saisissant qui existe (pour combien de temps ?) entre la Chine économique, ouverte au monde, en plein développement, et la dictature du parti communiste qui règle la vie sociale et brime les libertés. Une des manifestations dramatiques du totalitarisme à la chinoise concerne la politique de l’enfant unique. S’il y a bien un domaine qui relève de la conscience de chacun et de la liberté des couples, c’est celui du nombre d’enfants. Or l’Etat entend imposer sa loi dans ce domaine et oblige les familles à avoir un seul enfant. Une dépêche d’Associated press, signée d’Alexa OLESEN, fait un point sur cette situation. Elle part d’un exemple concret et réel, celui d’un couple, Yang et Jin. Il y a sept ans, il a été victime d’un avortement forcé, dans des circonstances dramatiques. Quelques semaines seulement avant la date prévue de l’accouchement, la jeune femme a été emmenée de force dans une clinique et le bébé a été tué en elle par injection. La description est insoutenable. « Plusieurs personnes m’ont tenue ; ils m’ont arraché mes vêtements et le docteur m’a enfoncé une grande aiguille dans le ventre. C’était très douloureux ». Le bébé a ensuite été extrait avec des forceps. Le cas est malheureusement très fréquent. Les secondes grossesses sont la plupart du temps interrompues, mais le simple fait d’avoir un premier enfant nécessite une autorisation. On signale des avortements forcés au 7°, 8° ou 9° mois de grossesse. Mais ce qui est nouveau, c’est que ce couple, comme de nombreux autres, a porté plainte et entamé tout un ensemble de procédures, y compris contre le planning familial. Il faut dire que le couple n’ayant pas d’autorisation d’avoir un enfant avait invité pour un diner amical des autorités locales, pour avoir l’autorisation, mais avait omis de leur verser un pot de vin. D’où l’avortement forcé qui a suivi, rendant la jeune femme stérile. Pour l’instant évidemment, la justice étant aux ordres, les tribunaux n’ont pas donné raison au couple (au prétexte qu’il n’était pas encore marié au moment de la conception : quelle rigueur morale !) Mais pourquoi ont-ils eu le courage de porter plainte ? La dépêche précise : « Dans la nouvelle Chine économiquement puissante et plus ouverte aux influences extérieures, des citoyens comme Yang et Jin osent de plus en plus parler. Ils peuvent compter sur le soutien de militants et d’avocats ». Certes, ensuite on se heurte à la vassalisation de la justice. Mais cela veut dire aussi qu’un climat nouveau est en train de naître : même dans un Etat totalitaire, l’ouverture au monde produit des effets. Déjà on voit les difficultés que le régime a à contrôler Internet : quand tout le monde aura un ordinateur, il faudra un policier par famille, ce qui est impossible. En dépit de la police, les couples qui ont subi un avortement forcé n’hésitent plus à parler : cela fait sept ans que ce couple se bat et on n’a pas réussi à les faire taire. Le monde entier
défile en Chine et chacun sait ce qui se passe en matière d’atteinte aux droits
de l’homme. La tenue des Jeux Olympiques obligera le régime à tenir compte de
l’opinion internationale. Les Chinois eux-mêmes
voyagent à l’étranger et savent ce que sont les vraies libertés (les universités
du monde entier sont remplies d’étudiants chinois). Cela ne change rien
à des drames comme ceux que raconte cette dépêche. Mais on sait que, dans un Etat
totalitaire (voir la Pologne par exemple, sensible au « n’ayez pas peur »
de JEAN-PAUL II), à partir du moment où les gens n’ont plus peur du régime, celui-ci
a déjà perdu la partie, même si l’agonie doit durer encore quelques années. Ne
pas avoir peur de parler haut et fort, c’est déjà faire trembler le parti unique
sur ses bases. Le 7 septembre
2007
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