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C’est un thème qui revient régulièrement,
et nous en avons déjà parlé plusieurs fois, mais il faut constamment
y revenir pour mettre fin à la désinformation. La pauvreté s’accroît
sans cesse aux Etats-Unis. Pauvres Américains… Même notre excellent
confrère les Echos a titré « Nouvelle augmentation de la pauvreté
aux Etats-Unis ». Quant aux médias audiovisuels, ils n’ont cessé
de marteler, depuis le dramatique cyclone qui a touché le sud des Etats-Unis,
que cela mettait en lumière la pauvreté gigantesque cachée jusque là
aux USA. On nous a présenté une Amérique littéralement dominée par la
pauvreté et incapable de faire face à la catastrophe. Voyons les faits. Il est vrai que
selon le Census bureau (l’équivalent américain
de notre INSEE), fin 2004 le nombre de pauvres était de 37 millions,
en hausse de 1,1 million par rapport à 2003. De quoi faire frémir. La
pauvreté toucherait ainsi 12,7% de la population, contre 12,5% en 2003
et même 11,3% en 2000, point le plus bas. Passons sur le fait qu’on
oublie de rappeler que quelques années plus tôt, on était à plus de
15%. Mais le problème n’est pas là. Il
est de savoir ce que l’on appelle un pauvre. Or aux Etats-Unis comme
ailleurs, la pauvreté est calculée de manière relative, en pourcentage
du revenu moyen. Donc plus le pays est riche, plus le seuil de pauvreté
est élevé. Il vaut mieux être « pauvre » aux Etats-Unis qu’avoir
un revenu moyen au Portugal. Si l’on retraduit cette ligne de
pauvreté en dollars, pour l’année 2004, compte tenu du revenu moyen,
on est pauvre avec des revenus annuels inférieurs à 19 300 dollars
(environ 100.000 francs ou 15.000 euros) pour une famille de 4 personnes
et en dessous de 9 645 dollars pour un célibataire. Ce n’est peut-être
pas énorme, mais est-on pour autant dans la misère ? Ensuite, on oublie que les Etats-Unis
sont un pays où la mobilité et la flexibilité sont très grandes. Donc
on reste rarement au même niveau de revenu et la grande majorité de
ceux qui sont pauvres une année ne le sont plus dans les années qui
suivent : ce n’est pas un état stable, comme ceux qui bénéficient
du RMI chez nous, où la mobilité est beaucoup moins grande. Les Américains
ont les moyens d’améliorer leur situation, surtout avec un chômage au
plus bas et une grande flexibilité du marché du travail. Et, du point
de vue des personnes, il vaut mieux avoir quelques mois un revenu faible,
provenant de son travail, plutôt qu’être maintenu dans l’assistanat. Il est vrai qu’il y a quelques cas
difficiles, qui restent dans la pauvreté, notamment dans certaines minorités.
Mais il y a longtemps que les économistes (et notamment le célèbre économiste
Thomas Sowell, enfant de Harlem) ont montré
que cette situation était un effet pervers de l’Etat-Providence
et que certaines aides sociales maintenaient les personnes dans l’assistanat,
qu’elles n’avaient plus une réelle volonté de se sortir de leur misère. De plus, une
étude plus fine de ces résultats montre que cette soi-disant pauvreté
vient de l’arrivée sur le marché du travail de nouveaux salariés -immigrés-
peu qualifiés, tirant profit du dynamisme économique. Dans quelques
mois ou quelques années, ils auront sans aucun doute progressé à leur
tour et leur salaire avec. Quant aux écarts de revenus, comme le soulignent
les Echos qui rapportent cette information, « les écarts entre
les différentes classes sociales ne se creusent guère ». Mais,
étant donné la bonne santé de l’économie américaine, l’essentiel n’est-il
pas d’expliquer que cette richesse apparente cache une misère profonde.
Concernant l’Amérique, la désinformation se porte bien. Et à l’occasion
du cyclone récent, la désinformation a atteint des sommets : l’Amérique
était plus pauvre que le tiers-monde lui-même !
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