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Il n’y a pas qu’au Japon ou en Allemagne que des élections viennent d’avoir lieu. C’est aussi le cas en Nouvelle-Zélande et les résultats sont, comme chez les Allemands, indécis. Le parti travailliste du premier ministre sortant, Helen CLARK, a une faible avance avec 40,7% des voix et 50 sièges (soit un siège de moins qu’en 2002), tandis que ses rivaux du parti national obtiennent 39,6% des voix et 49 sièges, ce qui double pratiquement leur score de 2002. Il y a en tout 122 députés au Parlement, ce qui fait que 23 d’entre eux appartiennent à de petits partis, en tout au nombre de six. Résultat : on ne sait pas qui va gouverner, tout dépendra des tractations en cours destinées à constituer une coalition gouvernementale, soit autour du parti national, soit autour du parti travailliste. Rien n’est définitif, car il reste en outre encore les voix par correspondance (200 000) à dépouiller. Ce qui nous a intéressé dans le cas de la Nouvelle-Zélande, plus que ce résultat serré et incertain, c’est qu’aucun parti n’a remis en cause la politique libérale qui a été menée jusque là, en particulier par le dernier gouvernement….travailliste. En ce sens les Néo-zélandais ressemblent un peu aux Anglais. Comme le titre notre confrère Les Echos : « Le modèle libéral ne fait plus débat ». Ce modèle libéral a été mis en place il y a maintenant vingt ans et il a survécu aux alternances politiques. Le résultat ne s’est pas fait attendre. Le taux de croissance, depuis cinq ans, a été systématiquement supérieur à la moyenne de l’OCDE (Organisation pour la coopération et le développement économique), avec par exemple une hausse du PIB de 4,8% l’an dernier. Dans ces conditions, rien d’étonnant à ce que le chômage soit au plus bas, avec moins de 4% de la population active (3,9% exactement)(contre 10% en France, soit 2,5 à 3 fois plus !). Cela a-t-il été obtenu grâce à une gestion laxiste ou keynésienne de la dépense ou des déficits publics ? Pas du tout, au contraire, puisque la Nouvelle-Zélande dégage un excédent budgétaire de l’ordre de 4% du produit intérieur brut, tandis que la dette publique est à peine égale à 7% du PIB (66% en France). Le PIB par habitant ne se porte pas mal non plus, avec 23 899 dollars en moyenne en 2004. Pas question pour les travaillistes au pouvoir de mettre fin à ce miracle économique libéral, par des mesures inconsidérées. Dans ces conditions, on pourrait imaginer que l’opposition de droite, menée par Don BRASH, s’est trouvée embarrassée, la gauche ayant en quelque sorte appliqué son programme libéral. Pas du tout, car le parti national veut aller plus loin encore dans le libéralisme en proposant de nouvelles baisses d’impôts pour mettre fin à ce qu’il appelle « les machines à gaz sociales », en particulier celles qui offrent des « privilèges « aux minorités. La situation de la Nouvelle-Zélande ne tient pas du miracle : elle résulte de mesures très simples que résument Les Echos : « Dérégulation des marchés financiers, indépendance de la banque centrale, suppression des aides à l’exportation et baisse drastique des barrières douanières, tout a été fait pour s’approcher des conditions de concurrence ». Et cette politique a été acceptée par tous, tant ses fruits sautent aux yeux. Les prélèvements obligatoires, qui étaient parmi les plus élevés du monde, ont été ramenés à 38% du Pib (plus de 46% en France). Certes, il ne faut pas exagérer et les travaillistes restent des sociaux-démocrates, avec certaines tentations étatistes. Ils n’apparaissent libéraux que par rapport à la classe politique française par exemple. Et c’est ainsi qu’ils n’ont pas hésité à nationaliser le secteur ferroviaire, qui avait été privatisé par les conservateurs. De même, ils ont quelque peu durci les conditions de licenciement, ce qui pourrait se traduire à terme par une poussée du chômage. Il est donc
faux de dire qu’il n’y a pas dans ce pays de différences entre le gauche
et la droite. Mais, contrairement à ce qui se passe en France, en Nouvelle-Zélande
la droite est franchement libérale et la gauche est pour sa part « moderne »,
c'est-à-dire ouverte à l’économie de libre marché. C’est toute la différence
avec nous, puisque chez nous gauche et droite s’inspirent du socialisme.
Oui, bienheureux Néo-Zélandais…
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