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Après GDF, voici venu le tour d’EDF d’ouvrir son capital. Le marché de l’électricité étant désormais ouvert à la concurrence, la conséquence logique aurait dû être une privatisation de l’entreprise, ce qui aurait peut-être permis de mettre fin à certains privilèges des syndicats et des salariés. Mais nous sommes en France et une loi vient, comme toujours, limiter l’ardeur réformatrice éventuelle d’un gouvernement. La loi transformant le statut de l’opérateur historique ne permet pas à l’Etat de descendre sa part en dessous de 70% du capital : l’entreprise doit donc rester publique, à une forte majorité. Mais enfin, même dans le cadre de cette loi absurde, il était possible d’ouvrir au public 30% du capital d’EDF. On attendait donc avec curiosité la décision du gouvernement. Selon les informations diffusées par notre confrère Les Echos, « le gouvernement ne devrait pas ouvrir plus de 15% du capital d’EDF. ». C’est vraiment la privatisation a minima. Et encore, cela ne se fera pas en vendant des titres dans le public, mais par une augmentation du capital d’un montant de 8 à 9 milliards d’euros. C’est cette augmentation qui permettra d’ouvrir un peu le capital et cela sans aucune cession de titres actuellement existants. A l’issue de l’opération, l’Etat détiendra donc encore 85% du capital. Encore faut-il préciser que, conformément à la loi, 15% de l’augmentation de capital seront réservés aux salariés de l’entreprise, actifs comme retraités. Bien entendu, cette prudence gouvernementale ne suffit pas à réconcilier les syndicats avec ce projet de privatisation bien partiell, et les syndicats ont claqué la porte d’un conseil d’administration sur l’affront qui leur a été fait. . Les syndicats entendent empêcher cette « privatisation sauvage ». Tout se prépare pourtant pour le grand jour, qui aura lieu dans quelques semaines avec par exemple la filialisation récente du Réseau de transport d’électricité. Une assemblée générale est prévue pour le 10 octobre pour déléguer au conseil d’administration les pouvoirs nécessaires à l’ouverture du capital. Ce sera alors au gouvernement de choisir le moment de l’opération. Certes, nous devrions sans doute nous réjouir de cette évolution. Mais cela n’est pas le cas, car on se situe dans le cadre d’une loi absurde, anti-privatisation, et qui plus est appliquée a minima. A l’étranger, les plupart des opérateurs d’électricité ont été totalement privatisés, ce qui leur donne les moyens de muscler leurs fonds propres et leur capacité offensive sur le marché. Nous, nous en restons à la vision archaïque franco-française du service public. Voilà pourquoi le gouvernement se contente de 15% d’ouverture du capital. Et voilà pourquoi,
pour notre part, nous suggérons une privatisation totale, pour faire enfin
d’EDF, avec ses syndicats et ses salariés, une entreprise comme les autres.
Rien ne justifie le maintien de cette entreprise dans le giron public.
En étant plus que prudent, le gouvernement espère s’attirer les bonnes
grâces des syndicats. Mais quoi qu’on fasse, les syndicats sont contre
et dénoncent le capitalisme « sauvage ». Ce gouvernement, comme
les précédents, perd son temps en voulant convaincre les leaders syndicaux.
Ils sont contre tout changement, quel qu’il soit. Et on le comprend, quand
on regarde du côté des comités d’entreprises et autres privilèges exorbitants,
payés et par le contribuable et par l’usager .
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