LOGEMENT ETUDIANT : LE GOUVERNEMENT CAPITULE


Nouveau recul du gouvernement, cette fois à propos des allocations logement destinées aux étudiants. Le ministre avait fait paraître un texte au début de l’été pour revoir le système, extraordinairement généreux pour certaines catégories de jeunes. Ceux-ci avaient droit, soit sous certaines conditions à l’aide personnalisée au logement, pour certains types de logement (HLM), soit sans aucune condition de ressources à une allocation logement à caractère social, non cumulable avec les allocations familiales (donc en fait offerte à tous les jeunes de plus de vingt ans.).

A ce jour, cela concerne 700 000 étudiants, ce qui représente un milliard d’euros sur un total d’aides au logement de 13 milliards. La dérive du système, sans aucun élément régulateur, a été considérable : les dépenses avaient augmenté de 22%. C’est pour cela que le gouvernement avait publié deux décrets début juillet pour modifier les conditions d’attribution de ces aides pour les étudiants en couple et pour les salariés de moins de 25 ans. Les couples ont été alignés sur le régime des colocataires. Cette réduction devait toucher 25 000 couples, qui auraient vu leur allocation se réduire au maximum de 160 euros par mois. Pour les salariés, c’est le revenu pris en compte qui est modifié. Au lieu de considérer le revenu de l’année précédente, on tient compte du mois de travail qui précède immédiatement la demande d’ouverture de droits. Ces revenus sont multipliés par neuf pour un CDD et par douze pour un CDI. Si l’aide est demandée au moment des mois d’été -où souvent un jeune travaille plus- cela augmente le revenu de référence et diminue donc l’allocation. Mais de toute façon un système d’appel avait été mis en place si les revenus diminuaient de plus de 10%.

On le voit, ce n’était pas une remise en cause du système de l’aide automatique accordée aux jeunes, quel que soit leur revenu. Le gouvernement n’a pas voulu revenir sur ce « droit acquis » datant du gouvernement JOSPIN (à la veille des présidentielles, comme par hasard). Mais il s’agissait seulement d’essayer de réduire légèrement la dérive actuelle pour les deux groupes de population concernée et d’instaurer un peu plus d’équité dans le système entre les colocataires et ceux qui vivent en couple, en revenant au système antérieur.

Bien évidemment, les partis de gauche et les syndicats étudiants -UNEF en tête- sont aussitôt montés au créneau pour dénoncer cette atteinte intolérable aux droits sociaux. En réalité, cette mesure ne représentait qu’une goutte d’eau : à peine 90 millions d’euros d’économies sur un total d’un milliard. C’était encore trop.

 

Certes, la gauche syndicale est dans son rôle dans la surenchère démagogique. Mais à peine avait-elle ouvert la bouche que Luc FERRY s’empressait de lui donner raison. Les deux décrets sont suspendus et le ministre se justifiait en disant : « Un bon gouvernement ce n’est pas un gouvernement qui a raison tout le temps et qui est toujours parfait dès le début, mais c’est un gouvernement aussi qui écoute et corrige le tir quand il faut ». Bref, cette réduction décidée par le ministère du logement est pour M. FERRY « une erreur de parcours ».

Une mission va être confiée à un parlementaire pour étudier la question et la suppression définitive des décrets ou leur maintien sera décidé ensuite. Inutile de faire durer le suspense : nous pouvons donner le résultat : le gouvernement suspendra définitivement les décrets. Passons sur le fait que c’est le deuxième recul du gouvernement dans l’enseignement supérieur, salué comme il se doit par l’UNEF, après la tentative de reforme sur l’autonomie des universités, pourtant simple réformette sans intérêt.

Luc FERRY est ravi. Qu’en pensent les contribuables, eux qui assistent à la poursuite de la dérive des dépenses publiques de l’Etat comme des systèmes sociaux ? L’équilibre budgétaire, à ce rythme là, n’est pas pour demain, puisque les dépenses publiques sont maintenues les unes après les autres. Et la baisse des impôts cédera la place à une hausse des taxes, comme d’habitude. L’UNEF est satisfaite, c’est l’essentiel pour le ministre.

 

 

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