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Selon le FMI, « dans le régime de retraite chilien, c’est l’individu et non l’Etat qui est tenu d’épargner en vue de la retraite. Pendant leur période d’activité, les participants versent chaque mois 10% de leur salaire sur un compte de retraite individuel et moyennant une commission supplémentaire- environ 2% du salaire en moyenne- des administrateurs de fonds de pension (AFP) gèrent ces comptes et investissent dans des actifs financiers. L’âge de la retraite est fixé à 60 ans pour les femmes et à 65 ans pour les hommes ». « Dès le départ, les responsables de la réforme ont compris que le risque que les retraités survivent à leurs actifs était substantiel. Pour limiter ce risque, ils ont créé des règles qui empêchent les retraités de retirer tout leur argent immédiatement après leur départ à la retraite. Les fonds doivent être retirés progressivement ou utilisés pour acheter une rente qui garantit un flux de revenus à vie. Les responsables de la réforme ont aussi mis en place un dispositif de protection sociale qui offre une pension de retraite minimale garantie à tous ceux qui ont participé au système pendant vingt ans au moins ». « Le régime de retraite privatisé s’est développé rapidement depuis sa mise en place. Environ deux tiers des travailleurs y participent, et le total des actifs gérés par les AFP s’élève à 59 milliards de dollars, soit un peu plus de 60% du PIB fin 2004. Le rendement impressionnant du système au cours des premières années, grâce à des conditions très favorables sur le marché des capitaux local, a largement contribué à son succès. Le rendement brut a atteint en moyenne 12% par an de 1981 à 1997 » (en particulier à cause des plus-values élevées sur des actions achetées pendant la vague de privatisation des années 80). Depuis 1997, le rendement a chuté, passant à 6,5% en moyenne sur la période 1998-2003. « Le rendement global étant solide, les retraités actuels semblent avoir un revenu suffisant pour maintenir leur niveau de vie. Les services du FMI estiment que les détenteurs de compte doivent avoir pour objectif une pension de retraite qui équivaut à 50% environ du salaire brut de fin de carrière. D’après ce critère, le système semble bien fonctionner, puisque le taux de remplacement avoisinait 60% en 2002, selon des estimations ». Bien entendu, comme dans tout système, le FMI note qu’au bout de 25 ans de fonctionnement, des aménagements sont nécessaires. En particulier, la concurrence semble insuffisante entre les six AFP (Administrateurs de fonds de pension) qui dominent le système financier. De plus, le coût d’administration du système reste élevé, car au début les AFP ont proposé, pour attirer les épargnants, des incitations sous forme de biens d’équipements ménagers ou de matériel sportif gratuit. Cette dérive a été maîtrisée, mais les coûts restent encore trop élevés. Une comparaison internationale montre qu’avec plus de concurrence, ils pourraient être réduits. De plus, la plupart des travailleurs indépendants (25% du total) ne participent pas au système en raison des fortes variations mensuelles de leurs revenus. Mais, s’ils n’y participent pas, ils évitent aussi de payer toutes les autres cotisations sociales (23% du salaire en tout). Une cotisation trimestrielle par exemple et non plus mensuelle réglerait une partie de la question. De même, la proportion de femmes qui contribuent régulièrement est relativement faible. Là aussi le système pourrait être amélioré. Il reste que la réforme a dans l’ensemble été un très large succès et a servi de modèle à de nombreux autres pays. La capitalisation a remplacé, sans drames et en douceur, la répartition : c’est la preuve que le changement de système est possible. Qu’un organisme comme le FMI parle de « réforme novatrice » et de « modèle pour les autres pays » n’est pas sans importance pour le combat des idées, surtout lorsqu’on connaît les préjugés anti-libéraux du FMI. Ajoutons que la réforme des retraites n’a pas été la seule au Chili et que l’action des « Chicago boys », comme on disait à l’époque, a laissé des traces durables : les réformes de structure ont été profondes. Vingt ans plus tard, l’économie en garde des traces et ce n’est pas par hasard si la croissance du PIB du Chili a été de 6,1% en 2004 et de 5,9% en 2005, avec une inflation très faible (1,1% et 2,9% respectivement), tandis que l’administration centrale dégageait un solde budgétaire positif, égal à 2,2% du PIB en 2004 et 2,8% en 2005. De quoi faire rêver en France, où nous nous débattons avec nos déficits publics. Mais il est vrai que le Chili avait commis l’erreur fatale de choisir la voie libérale. Les résultats sont, comme prévus, au rendez-vous. Comme le dit le FMI, il s‘agit d’une « politique économique cohérente qui porte ses fruits » et cela depuis vingt ans. Pourrions-nous suggérer à nos hommes politiques de regarder de temps en temps en dehors de l’Hexagone ce qui se passe dans le monde ?
Le 16 Novembre
2005
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