RIGUEUR A LA FRANÇAISE, RIGUEUR A L’ANGLAISE

 

On ne sait laquelle des deux est la moins adaptée, ni la moins libérale


George Osborne, chancelier de l’échiquier, a beau évoquer la lourdeur de l’héritage travailliste, il aura du mal à faire admettre aux citoyens anglais qui ont remis les conservateurs au pouvoir que sa politique est conforme aux promesses électorales. La rigueur est d’abord pour le contribuable et le consommateur, et accessoirement pour le fonctionnaire.

La hausse des impôts se marque d’abord par un relèvement du taux de TVA de 17,5 à 20%. Après la dévaluation de la livre (qui a pénalisé les achats en euros) voici un nouveau coup dur pour le pouvoir d’achat. Il y a encore la taxe sur les plus-values financières et immobilières qui devrait augmenter de quelque 10% (passant de 18 à 28%). Il y a enfin la taxe sur les banques, dont on se demande si elle est inspirée par la philosophie régnante en Europe – et qui sera ou non avalisée par le G 20 à Toronto – ou par la rapacité du Trésor britannique, qui a besoin de ces 2 milliards de livres.

La rigueur est surtout pour les fonctionnaires. Les ministères (à l’exception de la santé publique et de l’aide au développement) sont invités à réduire leurs dépenses de 25%. Cela se fera sans doute à travers un gel des traitements. Ce gel sera obligatoire pendant deux ans pour les traitements d’une valeur supérieure à 25.000 euros.

Christine Lagarde explique que la voie française est originale (on s’en serait douté). D’après elle la France a évité l’écueil d’une rigueur qui aurait pu tuer la politique de relance. En clair : il n’est pas question d’arrêter la course aux dépenses publiques. Donc la rigueur n’est pas pour le secteur public. Est-elle pour les fonctionnaires ? On continue à s’ajuster sur la « trajectoire » des dernières années, et la réduction des effectifs ou des traitements est renvoyée aux calendes grecques. Reste alors à imposer la rigueur à certains contribuables, et notamment aux plus fiscalement fortunés ; on éliminerait nombre de niches fiscales, on sortirait du bouclier fiscal un certain nombre de prélèvements.

Bien que la rigueur anglaise soit plus visible au niveau des administrations, les deux versions convergent : pas de remise en cause des dimensions de l’Etat, pas de baisse d’impôts.

Le 1er Juillet 2010

   
 
 
 

 

Imprimer cette page