FRONDE DES DEPUTES CONTRE LE TEXTE SUR LES RETRAITES ?

 

Les «réformateurs » veulent aller plus loin et introduire la capitalisation


Les députés devront examiner le texte sur la réforme des retraites entre le 20 et le 22 juillet. Officiellement il ne saurait y avoir de problème : ce texte a l’aval de l’UMP, dit Jean François Copé, président du groupe parlementaire – ordinairement plus combatif. Mais on commence à percevoir plusieurs dissidences, qui se traduiront par le dépôt d’amendements dont le gouvernement ne tiendra sans doute aucun compte.

De façon assez surprenante, à part quelques réactions pour « adoucir » le texte (par exemple sur la pénibilité du travail, pour laquelle certains voudraient que soit pris en compte le « stress » propre à certaines professions), la tonalité est plutôt au durcissement. Nombre de députés estiment que la réforme ne va pas assez loin.

Il y a d’abord ceux qui voudraient reculer l’âge de la retraite à 63 ans : tant qu’à se faire critiquer, mieux vaut aller plus loin. Il y a encore ceux qui voudraient un rapprochement plus total et plus rapide du régime des fonctionnaires et du régime général. Le Nouveau Centre souhaiterait que les dispositions Balladur (calcul de la retraite sur les salaires des 25 meilleures années) soient progressivement applicables aux fonctionnaires. De plus, les centristes voudraient une hausse de la CSG, ce qui revient à faire payer les retraités actuels pour espérer maintenir les pensions à un niveau décent.  

Enfin, et c’est sans doute cette position qui est la plus intéressante, de nombreux députés voudraient faire une place à la capitalisation dans le texte, en accordant des incitations fiscales à ceux qui constituent des comptes d’épargne retraite. Cette revendication rejoint les propos d’Hervé Novelli, qui s’inquiète du régime des « auto entrepreneurs » - il est à l’origine de ce statut qui a rencontré un succès très inattendu mais tout compte fait très logique. Le secrétaire d’Etat chargé du Commerce, de l’Artisanat et des PME réunit autour de cette idée, mais aussi de bien d’autres questions d’actualité, le groupe des « réformateurs » qu’il a constitué, et qui a réuni 101 députés hier à Toulon. Cette réunion est trop tardive dans la semaine pour que nous puissions en rendre compte, mais peut-être y a-t-il ici une amorce de fronde parlementaire, et une tentative d’organisation de l’aile libérale de la majorité sur le gouvernement pour qu’il aille plus loin dans les réformes. Plus loin et surtout plus juste.

Le 1er Juillet 2010

   
 
 
 

 

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