INAUGURATION DE LA PLACE MAHMOUD DARWICH

 

La Mairie de Paris a tenu à honorer ce poète et militant palestinien


A quelques mètres du quai Conti , siège de l’Académie Française, et en ce même lundi 14 juin, une grande manifestation attirait le tout-Paris politique : l’inauguration de la place Mahmoud Darwich, qui se situe au tout début du quai Malaquais.

Cet hommage a semblé s’imposer à la mairie de Paris, puisque ce grand poète palestinien a passé quelques années de sa vie dans notre capitale. Vous ignoriez sans doute les œuvres de celui qui a été présenté comme « le plus grand poète du 20ème siècle » : les préjugés politiques voire ethniques vous avaient empêchés d’apprécier le talent de ce littérateur.

Mais Mahmoud Darwich avait un autre mérite, qui justifiait la présence à Paris de Monsieur Mahmoud Abbas, chef de l’Autorité Palestinienne et leader du Fatah, reçu ensuite à l’Elysée avec tous les honneurs dus à son rang de chef d’Etat.

Peut-être les hauts faits politiques du poète Darwich pourraient-ils ternir, aux yeux des intolérants, l’éclat de son œuvre poétique. En effet, notre Mahmoud est venu à la politique par le chemin le plus glorieux qui soit : celui du parti communiste. C’est à ce titre qu’il a siégé à la Knesset – ce qui au passage implique que l’Etat d’Israël n’a pas été toujours anti-démocratique. Il a fondé l’Organisation de Libération de la Palestine (l’OLP) en compagnie de Yasser Arafat, et n’a pas ménagé son énergie pour mettre en place les réseaux résistants et terroristes. Pourtant, ce poète était assurément un grand pacifiste. C’est à ce titre qu’il s’est élevé contre les accords d’Oslo, pourtant salués comme l’amorce du processus de paix. Mais Darwich voulait « une paix, mais une paix juste », la justice consistant pour lui à mettre la terre d’Israël sous l’entier contrôle palestinien.

Vous voyez toutes les bonnes raisons qui justifiaient hommages et honneurs. C’est peut-être l’occasion de rappeler que la mairie de Paris n’a pas encore trouvé le lieu qui serait digne de recevoir le nom d’Alexandre Soljenitsyne. Pourquoi pas rebaptiser la place du colonel Fabien ? 

 

Le 24 Juin 2010

   
 
 
 

 

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