OBAMA SE TROMPE DE 11 SEPTEMBRE

 

«Un 11 Septembre écologique» : la formule d’Obama n’a pas été très appréciée


Le Président des Etats Unis est à la recherche d’un second souffle. Sa cote de popularité, sans précédent au début de son mandat, s’est effondrée depuis plusieurs mois et se trouve au plus bas, avec un Américain sur quatre qui lui a gardé sa confiance. Les élus démocrates ont déjà fait leur deuil des élections de mi-mandat : en novembre prochain, ils auront perdu la confortable majorité dont ils disposaient (surtout à la Chambre des Représentants). Est-ce pour stimuler ses Congressistes que le Président a cru prendre une initiative spectaculaire ?

Obama a voulu récupérer le sentiment de colère d’une partie de la population américaine contre BP, responsable de la catastrophe du golfe du Mexique. Mais la colère à l’égard de BP n’exclut pas une colère contre la Maison Blanche, beaucoup d’Américains tenant l’administration fédérale pour incapable d’intervenir avec efficacité. Les gens ont le sentiment qu’après deux mois rien n’a été fait pour lutter contre la pollution, mais surtout pour trouver des compensations aux victimes de la catastrophe : après tout, l’Etat, surtout entre les mains de Démocrates, n’est-il pas l’Etat Providence ?

Ironie du sort : les mêmes reproches avaient été faits à Georges W. Bush après l’ouragan Katrina qui avait dévasté la Nouvelle Orléans et la Louisiane.

Mais Obama, avec son art consommé de la dialectique, a voulu retourner la situation en sa faveur, en expliquant que face à un péril tel que les Américains n’en ont jamais connu, il allait prendre les mesures qui s’imposaient et protègeraient durablement les Etats Unis.

L’image du « 11 septembre écologique » était donc de ce double point de vue très bien venue. D’une part, un drame sans précédent, d’autre part un changement complet de politique.

Il y a malgré tout quelques différences entre les deux drames. Le 11 septembre a causé la mort de trois mille personnes, détruit un quartier entier de New York, et il était le fruit du terrorisme fanatique. Il n’y a rien de tel sur les bords du golfe, et les catastrophes « écologiques » se sont déjà produites. Surtout elles n’avaient aucune signification politique. Mais comme il faut mettre de la politique dans tout cela, Obama promet l’arme absolue : la réglementation verte, celle que préconise son compagnon de route Al Gore : contrôler les sources énergétiques, imposer des normes draconiennes, introduire le contrôle de l’Etat dans la vie quotidienne des Américains, et en venir enfin à un nouvel accord de Kyoto.

Tout cela devrait être mis en place le plus vite possible, pour empocher les bénéfices électoraux de cette nouvelle politique.

Malheureusement pour Obama, son discours passe pour une offense aux morts de Ground Zero, pour une banalisation du terrorisme mis sur le même pied que des nappes de pétrole, et enfin les Américains ne sont pas plus chauds aujourd’hui qu’ils l’étaient hier pour une politique écologique à la Kyoto. Et la cote d’Obama de plonger encore.

Le 24 Juin 2010

   
 
 
 

 

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