UNE GOUVERNANCE ECONOMIQUE EUROPEENNE ?

 

La crise de l’euro va-t-elle conduire à une politique économique commune ?


Oui, incontestablement, disent les Europhiles pour lesquels toute difficulté rencontrée par l’Europe constitue une avancée décisive pour la construction européenne. Ainsi a-t-on salué comme il se devait d’une part la décision de créer un fonds monétaire européen, d’autre part l’accord des pays de l’Union de soumettre leurs budgets nationaux au contrôle a priori de Bruxelles. Nous nous sommes déjà exprimés sur ces deux innovations.

L’une s’inspire de la logique qui a régné à la création du FMI et, plus largement, à la signature de tous les accords monétaires internationaux. Cette logique a toujours conduit à l’échec, car une zone monétaire, si elle a un sens, repose non seulement sur la gestion unique de la monnaie de référence au sein de la communauté de paiement mais aussi sur une gestion saine – et il n’en est point tant qu’elle est confiée à une banque centrale sous la pression du pouvoir politique.

L’autre ne fait que rappeler les critères de Maastricht. Comme plusieurs membres de l’Union n’en ont eu cure dans le passé, pourquoi s’astreindraient-ils dans le futur à cette discipline ? On a certes prévu toute une série de sanctions sévères pour les contrevenants éventuels, mais cette arme est-elle dissuasive quand on sait que quelques grands pays, dont la France, trouveront toujours quelque argument à faire valoir pour ne pas payer leurs amendes ?

Le fond du problème, c’est qu’il n’y a aucune entente de fond entre les pays membres de l’Union. Ce n’est pas nouveau : on avait rencontré les mêmes clivages avec le Système Monétaire Européen, avec le serpent et avec l’Ecu. Mais cela va se répéter, puisqu’il y a conflit ouvert entre la rigueur allemande et la désinvolture française. Les Allemands allongent la durée du travail hebdomadaire, augmentent les impôts de tous les contribuables (et pas seulement des hauts revenus), réduisent leurs indemnités de chômage (mais ils ont depuis longtemps libéralisé le marché du travail). Les Français vivent toujours sur la fiction des 35 heures et des RTT (le travail est une occupation marginale) les impôts détruisent l’épargne et le patrimoine, et pas question de toucher aux « avantages acquis » ni aux services publics.  

Revenons donc aux fondamentaux. Ou bien il y a une volonté européenne centralisatrice suffisante pour imposer un gouvernement économique unique ; mais seuls les socialistes et les verts en sont partisans. C’est l’Europe rose ou verte. Ou bien il faut admettre la libre concurrence entre Etats membres de l’Union, et que le meilleur gagne. Après quelques années de fantaisie, les moins rigoureux seront bien obligés de s’aligner sur les plus sages, et à ce moment là l’Europe vivra à l’unisson…sans avoir besoin d’un gouvernement européen.

Le 17 Juin 2010

   
 
 
 

 

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