COLLOQUE DE PARIS SUR LA BAISSE DES DEPENSES PUBLIQUES

 

Canada, Suède : ces pays étaient en pleine crise budgétaire. Qu’ont-ils fait ?


380 personnes, un parterre de parlementaires : plein succès pour ce colloque organisé en partenariat par l’IREF (Institut de Recherches Economiques et Fiscales), Contribuables Associés et l’Institut Economique de Montréal. C’est Nicolas Lecaussin, Directeur du développement de l’IREF qui a introduit le colloque en soulignant non seulement son actualité mais aussi sa dimension scientifique et technique. Le contenu des allocutions et des débats sera retranscrit sur le site de l’IREF (www.irefeurope.org) et dans les colonnes du CRI, mensuel de Contribuables. Mais quelques fortes impressions peuvent être retranscrites dès maintenant.

La première est la volonté des parlementaires français de s’informer sur les réformes structurelles dont le pouvoir politique a besoin. Jean Michel Fourgous y a insisté dans son intervention, rappelant que la croissance naît dans les entreprises, et que celles-ci sont harassées par les impôts et les charges sociales. Or, toute l’épargne française est aspirée par le secteur public et l’initiative privée est contrôlée, muselée, notamment par le droit du travail.

La deuxième impression est curieusement celle de la parenté des problèmes auxquels les Canadiens et les Suédois ont été confrontés dans les années 1990 et des problèmes français actuels : des déficits gigantesques et continus, au-dessus de 10%, une dette publique alourdie chaque année. Ces pays étaient réellement, comme nous aujourd’hui, en pleine crise budgétaire.

La troisième impression est née de la simplicité des mesures prises. Pas de stratagèmes ni d’usines à gaz : seulement dans chaque ministère et pour chaque mission (17 en Suède, 26 au Canada) une « chasse au gaspi », et une chasse menée par les fonctionnaires eux-mêmes, qui ont accepté le jeu de la rigueur. Les solutions ont été très empiriques : sous-traitance, surveillance des marchés publics, concurrence, réduction des embauches, reclassement des personnels.

La dernière impression a été celle d’une grande volonté politique. Qu’il s’agisse de Mel Cappe, ministre de la réforme au Canada, ou Allan Gustafsson, directeur au ministère des Finances, les artisans de la réforme ont été soutenus par l’opinion publique, parfois contre la classe politique.

Pourtant, de tout ce temps passé ensemble, les participants retiendront sûrement l’éblouissante intervention de Victoria Curzon-Price. Elle a brocardé avec humour mais sans concession les politiques de relance menées par des gouvernants qui se croient intelligents en appliquant les politiques keynésiennes, alors que les Suisses, bien épais, et bien simples, sont près de leurs sous et savent que l’on ne doit pas dépenser un argent qu’on n’a pas. Pourquoi le Canada ; la Suède et la Suisse ont-ils traversé la crise récente sans dommage pour leur croissance, sans avoir à recourir à des artifices financiers ou à des levées d’impôts ? Simplement parce qu’ils ont géré en bons pères de famille.

Les questions posées par l’assistance, et les débats menés par Benoîte Taffin ont été d’un très haut niveau : y a-t-il eu une politique monétaire ? Non. Comment ont réagi les syndicats ? Bien. Y a-t-il eu une vague de privatisations ? Elles étaient intervenues avant. Y a-t-il eu hausse des impôts. Non : baisse. Les grèves et manifestations ? Inexistantes. Les médias ? Nuls. Le chômage ? Disparu avec la croissance retrouvée.

En conclusion le Président Alain Mathieu (Contribuables Associés) a rappelé le rôle dominant joué par les groupes de pression et les think tanks pour alerter l’opinion publique et encourager les hommes politiques à s’engager dans la réduction de la taille du secteur public.

Le 8 Juin 2010

   
 
 
 

 

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