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LE RSA A SOUFFLE SA PREMIERE BOUGIE Le RSA s’est substitué au SMIC, mais demeure une usine
à gaz Revenu de Solidarité Active : à l’initiative de Martin Hirsch, cette allocation a remplacé le Revenu Minimum d’Insertion. Dans les deux cas, il s’agissait de ne pas pénaliser les chômeurs qui faisaient des efforts pour recommencer à travailler, même à taux réduit. Cesser d’être un chômeur pour devenir un travailleur qui redémarre : sur le papier l’objectif est noble. Martin Hirsh avait observé qu’un certain nombre de personnes n’étant pas inscrites au chômage ne percevaient pas le RMI, de sorte qu’elles étaient pénalisées pour avoir retrouvé un travail à un très faible niveau de salaire. Ces travailleurs pauvres méritaient d’être aidés, de sorte que le RSA, à la différence du RMI, s’est présenté sous une double face : - substitut pur et simple du RMI, et de l’allocation pour parent isolé (mères célibataires par exemple) c’est le RSA « socle » ; - complément de revenu pour les travailleurs pauvres, de façon à ce qu’ils atteignent le seuil de pauvreté, variable avec la taille de la famille ; cela représente une allocation mensuelle de 100 à 150 euros, et c’est le RSA « activité ». Dans la pratique le socle a concerné environ 1.150.000 foyers et le RSA activité 610.000. C’est ici qu’est la grande déception, puisque on estime que seulement 30% des ayant droits ont perçu le RSA, on en attendait au moins le double pour la première année. Philippe Daubresse, qui a succédé à Martin Hirsch, attribue cette contre-performance à deux éléments : le manque d’information des intéressés et la complexité de la procédure. Il est en train de réformer la procédure, et veut mobiliser davantage les mairies pour faire connaître leurs droits aux personnes concernées. Il envisage aussi d’user internet pour toucher un public élargi. Mais les ordinateurs seront-ils fournis gratuitement aux travailleurs pauvres ? Le point de vue libéral sur ces questions est très clair : filet social pour les plus pauvres, sans doute, mais aussi libéralisation du marché du travail couplée avec une baisse des indemnités de chômage. L’insertion est non seulement la meilleure façon de gagner son pain, mais elle rend aussi toute sa dignité à ceux qui deviennent trop vite et trop longtemps des assistés. Des jeunes de vingt ans assistés, cela signe la défaite d’une nation. Le 8 Juin 2010
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