QUI CONTRÔLE LES CONTRÔLEURS DU CIEL ?

 

Une corporation de nantis inutiles paralyse le trafic aérien. Est-ce tolérable ?


Jeudi les TGV ont circulé, le métro a fonctionné, les enseignants étaient largement à leurs postes, bref les gens du secteur public, peut-être rassurés par Eric Woerth, ont assuré un service qui était bien au-delà du mythique service minimum et, mises à part les défilés dans les rues, cette journée de protestation et de revendication aurait pu passer inaperçue.

Il y a eu pourtant une exception notable : les contrôleurs aériens ont soigné leur « mouvement social », et le trafic aérien national et international a été gravement perturbé : en moyenne de deux à trois heures de retard pour les vols domestiques, et davantage pour les vols long courrier. C’est que Messieurs les contrôleurs ne donnaient pas les « créneaux horaires » permettant de décoller et atterrir.

Il faut reconnaître qu’il s’agit d’une profession où le travail est particulièrement pénible, et les rémunérations et retraites particulièrement modestes. La pénibilité du travail s’accroît quand on sait que la pratique courante consiste à contrôler pendant 15 ou 17 heures d’affilée, ce qui est rigoureusement interdit, mais qui permet de dégager cinq jours de congé par semaine. Il faut dire qu’on contrôle à trois (plus la surveillance de l’armée de l’air, propriétaire de l’espace aérien français) l’aviation civile ne disposant que de « couloirs ». La rémunération est celle d’un cadre très supérieur et avec les primes peut dépasser 5.000 euros par mois. Bénéficiant des modes de calcul du secteur public, les retraites se situeront donc autour de 4.000 euros par mois.

Mais ces messieurs ont le pouvoir de bloquer le ciel français à leur guise. Lorsque le Président Reagan était entré en fonction, le premier conflit social qu’il ait eu à gérer a été la grève des aiguilleurs du ciel. Il l’a réglée en moins d’une semaine : tous licenciés, et pour être réembauchés engagement contractuel de renoncer au droit de grève. Mais le droit de grève aux USA n’est pas le nôtre, et Sarkozy n’est pas Reagan.

Le plus drôle de l’affaire, c’est que cette profession n’a plus aucune raison d’être compte tenu de l’évolution des techniques. Les instruments installés à bord de tous les appareils commerciaux permettent à l’équipage d’évoluer sans risque aucun, et plusieurs études menées aux Etats-Unis ont révélé que la seule raison pour laquelle il existe encore des contrôleurs…c’est leur pouvoir politique et la religion sécuritaire. Au demeurant des collisions se sont produites en dépit des contrôles, et il arrive que les contrôleurs perdent des avions en cours de route, comme cela a été le cas avec l’avion Rio-Paris. A force de tirer sur la corde, les contrôleurs vont la casser ; un jour ou l’autre des voyageurs avertis feront à leur tour pression pour en finir avec ces preneurs d’otages et cette noblesse bientôt déchue.

Le 2 Juin 2010

   
 
 
 

 

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