MARXISTES ET ISLAMISTES UNIS POUR UN MONDE MEILLEUR



Les grands médias permettent de suivre le drame vécu par le peuple iranien : nos lecteurs n'ont pas besoin de nous pour comprendre ce qui se joue là-bas heure par heure. Mais ces mêmes médias ont été très silencieux sur un point qui nous semble également inquiétant : la réaction des gouvernements marxistes d'Amérique latine, Chavez en tête, à la crise iranienne.

Pour Marx, et tous les marxistes, la religion est « l'opium du peuple », une simple superstructure, reflet de l'infrastructure et permettant d'asseoir la domination de la bourgeoisie sur le prolétariat. C'est idiot, c'est faux, mais c'est cela le marxisme sur ce point. Or voilà que tous les marxistes de la planète, Amérique latine en tête, volent au secours des ayatollahs et de Ahmadinejad. C'est Chavez qui a pris la tête de ce soutien contre « une campagne de discrédit », car le président iranien est « un frère dans la lutte contre le capitalisme ». S'il y a des réactions dans le monde contre les élections iraniennes, cette campagne est « féroce et infondée » avec « l'objectif de troubler le climat politique de ce pays frère ».

Le scrutin iranien, ajoutent sans rire ces défenseurs du pouvoir religieux en place, a été « une extraordinaire poussée démocratique ». Dans son show télévisé hebdomadaire de propagande à grande échelle, Chavez a félicité le président iranien pour sa brillante réélection, car c'est « un vaillant lutteur pour la révolution islamique et contre le capitalisme ». Ceux qui contestent le scrutin « sont les porte-parole du capitalisme », alors que ce scrutin est « très important pour les peuples qui luttent pour un monde meilleur ». Les deux dirigeants, Chavez et Ahmadinejad, s'adorent car « les nations iranienne et latino-américaines luttent pour la liberté et alimentent les révoltes anticolonialistes ».

Folie de Chavez ? Pas du tout. Grâce à lui, l'Iran est sorti de l'isolement, en Amérique du moins, la Bolivie, la Nicaragua, l'Equateur allant dans le même sens. Plus délirant encore, Téhéran a souhaité adhérer à l'Alliance bolivarienne pour les Amériques, machine de guerre contre les USA et le libre-échange voulue par les autres Etats américains. A notre connaissance, l'Iran n'est pas situé dans cette région du monde.

Rappelons accessoirement que l'Iran est le second producteur de l'OPEP et le Venezuela le quatrième : ils sont sur la même ligne là encore : réduire fortement la production pour faire monter le prix du baril, histoire de favoriser sûrement la reprise mondiale.

Tout cela nous paraît extrêmement dangereux. Est-ce surprenant ? Il y a un précédent : le pacte germano-soviétique en 1939, entre deux idéologies soit disant opposées, nazisme et communisme, qui a entraîné la seconde guerre mondiale. N'assistons-nous pas à quelque chose de comparable ? En tous cas, cela inquiète les pays modérés, même sociaux-démocrates, d'Amérique latine. L'Argentine n'a pas hésité à lancer des avis de recherches contre des dignitaires iraniens accusés d'être les commanditaires de l'attentat contre l'Association mutuelle israélite argentine (85 morts et 300 blessés) : l'Argentine n'a donc pas peur de prendre des mesures contre l'Iran, surtout quand cela porte sur des actes antisémites des Iraniens. Le Venezuela n'a pas les mêmes réactions.

Ce qui rapproche l'Iran et les régimes marxistes (cela vaut en Amérique latine comme ailleurs) c'est l'anti-américanisme et l'anticapitalisme. Quand ces deux ingrédients sont réunis, en général l'antisémitisme n'est plus très loin. C'est fait depuis longtemps en Iran, qui veut explicitement rayer Israël de la carte ; les régimes marxistes ont montré souvent, à commencer par l'exemple de 1939, qu'agir avec les pires antisémites ne les dérangeait pas. En 1939, le pacte germano-soviétique marquant le rapprochement marxisme-nazisme était survenu après Munich. Un nouveau Munich se préparerait-il ? L'Europe et Obama, ensemble, ne doivent pas faiblir d'un pouce contre ces nouvelles menaces, car, après Munich, où l'on croyait avoir sauvé la paix, il y a eu la guerre.

Le 1er juillet 2009

   
 

 

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