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Reconnaissons-le
humblement : nous nous étions trompés en matière de déficit de la Sécurité
Sociale. Le gouvernement avait commencé par annoncer pour 2008 une amélioration,
autour de 7 milliards de déficit « seulement »; nous avions prévu au moins 8, le résultat a été pire. Pour 2009,
voilà le gouvernement devenu plus réaliste : il fait voter un budget de la
Sécu pour 2009 en déficit de 10,5 milliards ; nous avions annoncé 14 ou 15
milliards. Nombreux ont été ceux qui nous ont traîtés
alors d’économistes irresponsables. Pourtant,
alors que nous ne sommes encore qu’au mois de juin, voilà que l’on annonce que
le trou de la Sécu pour 2009 pourrait être de 21 milliards d’euros. Nous avions
donc sous estimé l’ampleur de la crise. Et encore, est-ce la dernière estimation
de la commission des comptes de la Sécu, qui avait déjà rectifié en hausse le
chiffre estimé en février à 18 milliards. Evidemment,
comme l’explique le rapporteur UMP du budget de la sécu, c’est « un déficit
de crise ». Voilà de quoi rassurer, mais de qui se moque-t-on ? Bien
avant la crise, et depuis plusieurs décennies, les comptes de la Sécu n’ont jamais
été équilibrés. Chaque année, on les a rééquilibrés par l’augmentation des cotisations
et de la baisse des prestations. En
réalité, personne ne peut prévoir en début d’année l’ampleur exacte des déficits
sociaux en fin d’année. C’est logique,
puisque le système est un bolide sans frein ni régulateur : les dépenses
évoluent sans contrôle ni maîtrise. Alors 21 milliards ? 25 ? 30 ? Ce
que nous pouvons affirmer avec une certitude absolue, c’est que, crise ou pas,
le système est structurellement déficitaire. Il l’est pour les retraites, Jacques
Garello et Georges Lane l’ont montré dans leur trilogie sur les retraites, leur
ouvrage devrait être le livre de chevet de tous les responsables politiques, mais
aussi de tous les actifs soucieux de leur retraire future. Il
en va de même pour l’assurance maladie. Qui peut maîtriser l’évolution des dépenses
dans un système de fausse gratuité, où celui qui demande des soins a le sentiment
que cela ne lui coûte rien ? Avec un prix quasi-nul, le demande ne peut qu’exploser
et rien ne vient la réguler. Mais
les économistes, surtout s’ils s’intéressent aux questions morales, peuvent ajouter
un autre élément. En effet, un déficit croissant cela veut dire qu’on paie les
dépenses à crédit, grâce à des emprunts qu’il faudra rembourser. Où est l’immoralité ?
Elle est dans le fait de faire payer nos soins de santé et nos retraites de 2009
par nos petits-enfants, dans 40 ou 50 ans. Nous transmettons des dettes à nos enfants par manque de courage, car nous ne voulons pas traiter le fond du problème. Nos dirigeants veulent éviter de léguer aux futures générations une planète-poubelle : très bien. Mais assurément ils lègueront une Sécu-poubelle. Le 23 juin 2009
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