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Nous avons plusieurs fois parlé du drame que vivent
les habitants du Zimbabwe, en raison de la volonté de son dictateur Robert Mugabe
d’appliquer de force les méthodes socialistes de la nationalisation et de la planification.
L’ancien « grenier à blé » de l’Afrique, l’ex-Rhodésie, est devenue
le symbole de la plus grande misère et de la pénurie. La formule est toujours
la même et elle ne souffre pas d’exception : instaurez le socialisme dans
un désert, demain, il n’y aura même plus de sable. La monnaie était devenue le symbole même de ce naufrage
économique : les dernières estimations ont fait état d’une inflation de
plus de 500 milliards de pour cent, selon le FMI. Le nouveau premier ministre,
issu de l’opposition, contre lequel Mugabe a tout fait, y compris par la force,
pour l’empêcher d’arriver au pouvoir, a pris une première mesure simple :
le dollar zimbabwéen, sans aucune valeur, même pour des billets de plusieurs milliards,
a été retiré de la circulation et remplacé…par le dollar américain : encore
un triomphe du socialisme ! Que s’est-il passé en quelques instants ? Le
Monde, qui n’a pas la réputation d’être « un valet de l’impérialisme américain »
décrit la situation nouvelle, quasi-instantanée : « Harare revit (.. .)
Devant les banques, les files d’attente ont disparu. Celles des voitures dans
les stations essence aussi. Volatilisés à chaque coin de rue, les changeurs de
monnaie au noir. Dans les restaurants, tous les plats et boissons proposés sont
disponibles. Après leur journée de travail, les banlieusards montent dans les
minibus, lestés de sacs de nourriture »… « Pour les Zimbabwéens, c’est
la fin d’une longue nuit ». Si même Le Monde le dit… Quel miracle est passé par là ? Avec une fausse
monnaie, issue de fausses créances, c’est la fuite en avant, la course aux valeurs
réelles, qui fait exploser les prix ; les gouvernements essaient d‘arrêter
cette hausse par toute sorte de contraintes, à commencer par le contrôle des prix.
Résultat : les pénuries sont instantanées. Il n’y a plus rien dans les magasins.
Rétablissez la monnaie et l’ordre monétaire, libérez les prix : l’offre se
développera rapidement, les pénuries disparaitront et les prix redeviendront sages.
Résultat : une hausse des prix de moins de trois pour cent depuis cette révolution
monétaire ! Et cela d’autant plus que d’autres monnaies peuvent circuler,
si les gens le souhaitent : quelques rands sud-africains par exemple. Mais
c’est le dollar américain qui a été plébiscité. Bien sur, Le Monde, dans une seconde partie de l’article,
explique que ce n’est pas le paradis : « Avant nous n’avions ni les
produits, ni l’argent ; aujourd’hui, nous avons les produits, mais pas assez
d’argent pour les acheter ». Certes, mais encore faut-il expliquer pourquoi.
Le Monde met l’accent sur une vie toujours difficile, des salaires faibles, du
chômage. Il n’y a pas de développement sans ordre monétaire. Mais l’ordre monétaire
ne suffit pas à créer des richesses, même si il fait disparaitre les pénuries
artificielles. Il faut aussi les institutions de la liberté. C’est là que se joue la vraie bataille, entre le nouveau
premier ministre et le président. Beaucoup d’institutions socialistes sont encore
en place, à commencer par la propriété collective ou arbitrairement confisquée.
Les réformes de fond sont à venir : libéraliser, privatiser, laisser jouer
la concurrence, libérer les contrats, ouvrir les frontières, pratiquer le libre
commerce : bref, tout ce qui figure dans les indices de liberté. Il faut
tout cela pour que la création de vraies richesses reprenne, faisant disparaitre
le chômage, permettant la hausse des salaires. Mais l’exemple du Zimbabwe est là pour nous montrer,
une nouvelle fois, qu’il n’y a jamais de miracle en économie ; juste l’application
de quelques formules simples : plus il y a de contraintes, moins il y a de
richesses ; plus il y a de libertés, plus il y a de richesses. Et il suffit
déjà d’une première liberté, celle de la monnaie, pour que les magasins se remplissent.
Il faut maintenant, là-bas comme dans le reste de l’Afrique, mettre en place les
institutions de la liberté. Cela, Le Monde ne l’a pas dit. Dommage.
Le 12 juin 2009
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