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Par contraste il n’y avait pas un siège libre dans la salle de conférences du Pavillon Cambon Capucines en ce lundi soir 25 mai à Paris. Deux raisons : le sujet et l’orateur. Le sujet : la transition, thème du troisième volume de la trilogie que Jacques Garello et Georges Lane ont consacrée à la réforme des retraites. L’orateur : José Piñera, ministre du travail au Chili où il a pour la première fois dans le monde introduit les « comptes personnels de retraite » à la place du système classique dit « par répartition ». Cette expérience a eu un tel succès que son initiateur est devenu un consultant mondial, donnant son conseil à une vingtaine de pays latino-américains d’abord, européens ensuite, désireux d’échapper au piège de la répartition. La soirée était organisée en partenariat entre Contribuables Associés et l’IREF (Institut de Recherches Economiques et Fiscales), co-éditeurs des ouvrages de Jacques Garello et Georges Lane. Le dernier volume commence d’ailleurs par un hommage à José Piñera.
La réforme n’a pas été imposée aux salariés chiliens, on leur a fait une proposition : voulaient-ils rester dans le système public obligatoire auquel ils étaient assujettis et qui leur coûtaient 20% de leur salaire, ou accepteraient-ils d’entrer dans un système de comptes personnels, où les assurés cotisent pour leur propre retraite, de façon personnelle ? Il n’était pas question pour ceux qui faisaient ce dernier choix de perdre le bénéfice des cotisations qu’ils avaient versées depuis plusieurs années : un « bon de validation » leur a été attribué, il leur sera remboursé au moment de leur départ en retraite. Moyennant quoi 95% des chiliens ont préféré changer…Désormais ils devaient cotiser à un fonds de pension de leur choix, l’Etat n’intervenant que pour s’assurer de la moralité et de la transparence des gestionnaires. La concurrence a été active entre des dizaines de fonds, et la liberté de changer est totale. Ce changement dans le régime des retraites a eu six conséquences majeures : 1° Aucun incident en 28 ans de fonctionnement : ni Enron, ni Madoff. Sécurité absolue. Voilà pourquoi six gouvernements successifs, d’orientations politiques différentes (y compris l’actuel régime de la présidente Michèle Bachelet) ont reconduit le nouveau système. 2° La rentabilité promise était de 4%, elle a été de 9% (et même 10% avant la crise). Les pensions sont égales à 75% du dernier salaire. 3° Sécurité et rentabilité sont dues aux choix judicieux des fonds de pension, doublement contrôlés et par la concurrence (tout chilien peut changer de fonds) et par un organisme indépendant, l’Administration des Fonds de Pensions. 4° Grâce à l’investissement rendu possible par la masse d’épargne apportée par les assurés, la croissance a fait un bond de 3% à 8% en termes réels, aujourd’hui le Chili est le pays le plus riche d’Amérique Latine. 5° Il n’y a jamais eu de hausse d’impôts depuis lors, le taux marginal de l’impôt sur le revenu a diminué de 47 à 40%, et l’impôt sur les entreprises est de 17%. 6° Enfin, et c’est aux yeux de José Piñera l’essentiel, une véritable révolution culturelle s’est produite. On a tourné la page de la lutte des classes, il n’y a plus de « capitalistes », puisque tout le monde l’est devenu et s’en réjouit. Les Chiliens s’intéressent à l’économie, sont incités au travail, à l’épargne, et se sentent personnellement responsables de leur destin. Ils sont à l’abri des initiatives du gouvernement. Alain Mathieu, président de Contribuables Associés, a souhaité une campagne d’information sur les retraites pour que l’opinion publique soit alertée sur les dangers et le coût du système actuel. Pour Jacques Garello et Georges Lane, les salariés ont le droit de connaître leur salaire complet et ce que leur coûte personnellement le monopole de la Sécurité Sociale.
Le 3 juin 2009
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