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Le G20 avait doctement conclu que la responsabilité de la crise revenait au marché, laissé à l’état sauvage par une mondialisation anarchique. La conclusion s’imposait dès lors : les Etats devaient être appelés au secours non seulement en lançant de vastes programmes de relance, en injectant dans l’économie des milliers de milliards de dollars pour éviter la faillite des banques et de certains secteurs industriels, mais aussi en concevant une réglementation internationale capable d’encadrer le marché. C’est contre cette idée « politiquement correcte » qu’ont voulu réagir un certain nombre d’économistes et de financiers, qui ont tenu à Paris, mercredi dernier 29 mai un passionnant colloque international. Il a été organisé au départ grâce au soutien du gouvernement autrichien, lui-même sollicité par l’Institut von Hayek de Vienne. Barbara Lampbrechter, animatrice de cet Institut, a imaginé un « Free Market Road Show », une sorte de caravane du marché dont l’originalité aura consisté à faire un tour d’Europe impressionnant : Vienne, Skopje, Zagreb, Bratislava, Vaduz et enfin Paris et Londres. Accueillie en France par Son Excellence le Dr Hubert Heiss, Ambassadeur d’Autriche en France, mais aussi par l’ALEPS et l’IREF, la « caravane » s’est grossie des libéraux de l’étape, tels Pascal Salin, Florin Aftalion, Antoine Gentier, Alain Madelin et Pierre Garello. Premières responsables de la crise : les banques centrales. La Federal Reserve Américaine a dépassé toute limite raisonnable depuis des années, et n’a jamais tenu compte des avertissements lancés bien avant la crise, Alan Greenspan avait été prévenu du caractère suicidaire de taux d’intérêt totalement artificiel. Pour Richard Rhan, qui dirige à Washington l’Institute for Global Economic Growth, on ne sortira de la crise que lorsque l’orthodoxie monétaire sera rétablie, mais les actuelles politiques de relance laissent au contraire présager plus d’inflation et plus de chômage. Les dangers sont inhérents au concept de monopole monétaire des banques centrales, « prêteurs en dernier recours », qui en viennent à refinancer n’importe quel titre comme cela a été le cas avec les subprimes. Deuxièmes responsables de la crise : les Etats, à travers leurs politiques budgétaires et leurs réglementations. C’est bien la réglementation américaine qui a donné une valeur artificielle aux prêts immobiliers accordés à des emprunteurs impécunieux par le truchement de Fany Mae et Freddy Mac. Ces titres de crédit étaient garantis par le Trésor US : quelle aubaine ! Mais l’Etat avait lui-même intérêt à emprunter à bon compte, et les facilités monétaires accordées au Trésor ont permis d’éponger (pour un temps) déficits et dette publique. Alors, comment en sortir ? Une certitude : les actuelles politiques de relance vont aggraver et prolonger la crise ; mais chaque échec de l’Etat sera paradoxalement porté au débit du marché, appelant nouvelles réglementations et nouveaux déficits. Julian Morris, de l’International Policy Network (Londres) a énuméré les erreurs commises par le gouvernement Brown. Augmenter les impôts n’est sûrement pas la solution. La bonne solution n’est pas de renforcer l’étreinte de l’Etat, mais de la desserrer. Les finances publiques sont en état pitoyable, et il en sera ainsi tant que les dépenses publiques ne seront pas maîtrisées. Dans le panel consacré à « l’arène politique », les intervenants ont été unanimes à souligner le manque de courage et de rigueur des gouvernements américain et européens. « On a besoin de Reagan ou de Thatcher » a dit Alain Madelin. Mais il est plus facile pour les dirigeants de s’en prendre au marché, aux paradis fiscaux, aux gros salaires et aux délocalisations… Un débat public tenu à la mairie du XVI° arrondissement terminait cet évènement. Alors qu’il y avait quelque mille deux cent participants à la caravane à Bratislava, il n’y avait que quelques dizaines de personnes à Paris. Comme l’a fait remarquer avec humour mais regret Jacques Garello « les Parisiens sont maintenant saturés : il y a trop de colloques libéraux en même temps à Paris ». Autre explication possible : le colloque était…en anglais.
Le 3 juin 2009
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