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Nous n’allons pas revenir
une nouvelle fois sur le scandaleux blocage par la force de certaines universités
pendant des semaines car nous voulons nous tourner vers l’avenir. Il faudra bien
un jour réformer l’université française et la loi LRU n’est pour nous qu’un hors
d’œuvre, car elle a laissé de côté l’essentiel : le libre choix et la sélection
des étudiants et des enseignants, la liberté des tarifs, la concurrence. Dans
ces domaines, les esprits sont-ils en train d'évoluer ? Un « Manifeste
pour la refondation de l’Université », signé de nombreux professeurs classés
plutôt à gauche ou au centre-gauche, a été publié dans Le Monde. Certes, il y
a toujours le refus de la sélection à l’entrée en 1ère année (la fiction du bac
sélectif persiste), mais ce manifeste contient quelques propositions intéressantes.
Ainsi les signataires reconnaissent-ils que pour beaucoup d'étudiants qui ne peuvent
suivre on créerait une licence en quatre ans, contre trois pour les autres :
système à deux vitesses. Voilà un tabou brisé. Ils proposent aussi de faire passer
la sélection de l’entrée en master 2 à l’entrée en master 1, portant atteinte
à une nouvelle vache sacrée. Ils vantent aussi la nécessaire autonomie des universités.
Bien sûr, on est loin d’une vision vraiment libérale, mais les esprits semblent
évoluer. Il n’y aura de vraie
révolution dans l’université française que du jour on l’on admettra la concurrence.
Celle-ci joue au niveau mondial, et on va le voir sans doute l'an prochain avec
la désertion des étudiants étrangers, fuyant les grèves "à la française".
A l'inverse les étudiants français iront de plus en plus à l’étranger. Sur le
plan intérieur, l’université publique a toujours le "monopole de collation
des grades" : elle seule peut délivrer licence, master, doctorat. Les
établissements privés ne les délivrent que sous le sceau d’une université d’Etat
avec laquelle elles ont passé convention, ou grâce à un jury rectoral, quand le
recteur le veut bien ! Dans ce domaine, le
salut viendra peut-être de l’Europe, car le processus de Bologne conduit à une
reconnaissance réciproque des diplômes LMD, ce qui fait que déjà certains établissements
privés en France délivrent des masters sous le seau d’une université étrangère,
en passant un accord avec elle. Mais sur le territoire national au sens strict
(puisque dans le cas précédent les étudiants sont aussi inscrits dans l’université
étrangère), le monopole tient bon. Une brèche va peut-être
s'ouvrir très vite, en raison de la situation particulière du Vatican. Le Saint-Siège
fait en effet partie du processus de Bologne. En décembre a été signé un accord
entre le ministère français des affaires étrangères et le Vatican, prévoyant une
reconnaissance par Mais le Vatican y tient
et, semble-t-il, le président de Ce serait la première
contestation sérieuse du monopole étatique sur les grades. A vrai dire, beaucoup
dépendra des évêques français, de la volonté de Rome et de celle des établissements
catholiques. Les 5 « cathos » officielles (crées en 1875) ont plutôt
tendance à freiner, mais les nouveaux établissements, dynamiques et novateurs,
qui se sont créés (Ices, Ircom, Institut Albert le Grand, IPC, Faco, ICR, etc.)
sont très demandeurs.
Le 3 juin 2009
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