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Les
jeux sont faits aux Etats-Unis : ce sera bien un McCAIN contre OBAMA.
Et ces deux candidats ne partent pas en vacances : ils savent que
les mois d’été qui précèdent les conventions respectives de leurs partis
sont décisifs pour la suite. On attendait un démarrage en trombe sur la
politique étrangère (Irak ou Iran en tête). Certes, chacun a pris position
clairement au Proche-Orient en faveur d’Israël, et il n’y a pas eu d’affrontement
sur ce point en tous cas. Cela viendra sûrement à propos de l’Irak. On
attendait aussi les questions de société, mais pour l’instant Mc CAIN
n’a pas vraiment répondu aux sollicitations de
la droite religieuse et les oppositions n’ont pas encore été frontales.
Même sur l’écologie, McCAIN a semblé plus proche des thèses sur le réchauffement
que BUSH. Mais il est vrai qu’OBAMA vient de recevoir le soutien d’AL
GORE (de quoi faire fuir les électeurs !) En
fait, le premier thème d’affrontement sera l’économie, alors qu’en apparence
du moins ce sujet n’est le point
fort ni de l’un, ni de l’autre. Mais c’est là que les divergences sont
les plus fortes. Première divergence, la fiscalité. Certes, l’un et l’autre
souhaitent alléger la fiscalité sur les classes moyennes, mais pour les
revenus les plus élevés, McCAIN veut rendre permanente les réductions
d’impôts accordées par G.W.BUSH à ceux qui gagnent plus de 250 000
dollars, dans la logique de l’économie de l’offre. Au contraire, OBAMA
veut annuler ces réductions d’impôts pour les plus riches. Il veut porter
l’impôt sur les revenus du capital de 15% à 28%, tandis que McCAIN veut
réduire le taux de l’impôt sur les bénéfices de 35% à 25%, diminuer les
droits de succession, mais supprimerait l’obligation de payer un impôt
minimum. Il souhaite aussi équilibrer le budget d‘ici la fin du mandat,
alors qu’OBAMA ne parle que de « restaurer une discipline budgétaire ». Autre
point de conflit, le commerce mondial.
OBAMA dévoile des orientations plus protectionnistes, parlant de
renégocier l’ALENA et souhaitant que les traités de libre-échange incluent
« de meilleures garanties pour les travailleurs et davantage de
clauses sur l’environnement. Il propose de taxer les délocalisations.
McCAIN veut étendre les zones de libre-échange « du Maroc à l’Afghanistan »,
sauf pour les Etats qui soutiennent le terrorisme. Pour éviter les délocalisations,
il propose au contraire de diminuer les impôts sur les sociétés. Autre
discussion : la relance de la croissance. Pour le républicain, cela
passe « par la libre concurrence, les baisses d’impôts et un
meilleur contrôle des dépenses fédérales ». Pour le démocrate,
cela passe « par un programme d’investissements dans les infrastructures » :
en clair, le New deal de ROOSEVELT dans la grande tradition keynésienne
des démocrates : reprendre ce qui a déjà échoué en 1933, voilà une
politique novatrice. C’est donc l’économie de l’offre pour l’un, la relance
par la demande publique pour l’autre. Entre
l’économique et le social, il y a aussi la question de l’assurance maladie.
McCAIN souhaite « des soins plus abordables sans intervention de
l’Etat ». L’assurance-maladie universelle est possible grâce à la
concurrence entre assureurs et à des baisses d’impôts. Rien de tel pour
OBAMA, qui veut une assurance-maladie obligatoire pour tous les enfants
et qui vise « un système de couverture maladie universelle »,
mais sans bien préciser encore comment : il paraît ici moins radical
que ne l’était Hillary CLINTON. Les
choses sont donc claires dans ce domaine. Bien sûr, elles vont aussi se
décanter peu à peu ailleurs, notamment sur le mariage gay et l’avortement
(OBAMA est plutôt pour, McCAIN plutôt contre), ou pour l’immigration (mais
tous sont pour renforcer les sanctions contre ceux qui emploient des illégaux
et OBAMA avait voté pour la construction d’un mur à la frontière mexicaine).
En revanche, la politique étrangère est rarement au cœur de la campagne
(BUSH père l’avait appris à ses dépends), mais il est vrai que l’engagement
des Américains en Irak en fait presque un sujet intérieur. On sait ce
que veut McCAIN, qui a soutenu l’invasion, même s’il pense qu’elle a été
mal menée, alors qu’OBAMA veut « terminer cette guerre »,
mais sans dire vraiment comment. Enfin, le républicain semble plus ferme
contre Cuba ou l’Iran, alors qu’OBAMA n’est pas contre un dialogue tous
azimuts, même s’il n’exclut pas en cas d’échec une intervention contre
l’Iran. Sur tous ces points, le débat va-t-il se radicaliser, ou s’enliser ? Le 20 juin 2008
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