![]() |
|||||||||||||||
|
Les téléspectateurs regarderont les chaînes privées
mais payeront les chaînes publiques, et si celles-ci en ont besoin les
contribuables mettront la main à la poche. Le dernier éditorial de Jacques GARELLO
sur la loi de l’offre et de la demande relevait cette bouffonnerie. Mais
l’affaire connaît chaque jour des développements assez remarquables, tel
le départ des socialistes de la commission COPE.
Rappelons
d’abord les faits. Le Président SARKOZY avait annoncé le 8 janvier la
fin de la publicité sur les chaînes publiques. Jusque là, les chaînes
publiques vivaient en partie de la publicité, en partie de la redevance.
Le fait de faire payer une chaîne par ceux qui la regardent n’a rien de
scandaleux, mais en revanche la faire payer par une redevance pose un problème de fond.
C’est un véritable impôt sur les téléviseurs payé par des contribuables
qui peuvent ne jamais regarder les chaînes publiques. Cet impôt sur les
téléviseurs pourrait d’ailleurs s’étendre à un impôt sur les ordinateurs
ou sur les téléphones mobiles. Les
chaînes publiques désormais « épurées » de publicité toutes
leurs ressources viendront de l’Etat. Mais voici
où est la nouvelle difficulté : la piste de la redevance n’en est
plus une, puisque le Président vient de décider qu’elle ne serait pas
augmentée, à la grande surprise de Jean-François COPE,
Président du groupe UMP et de la commission sur le financement de la télévision,
et à la grande fureur des socialistes, qui ont démissionné de cette commission.
Il
faut donc trouver autre chose. La première piste, c’est de faire payer
les chaînes privées. C’est quelque chose qui semble laisser indifférents
les Français et la classe politique en particulier, alors que c’est un
véritable scandale. Les chaînes publiques s’affranchissent de la contrainte
de l’audimat, au nom du « service public », ce qui veut dire
qu’elles pourront diffuser n’importe quoi, même si cela n’intéresse personne
en dehors de quelques intellectuels de gauche, sans avoir de comptes à
rendre à personne. Le service public ainsi conçu, comme toujours, n’est
pas au service du client, puisqu’il n’y a pas de client au vrai sens du
mot, mais au service de ses acteurs. La
télévision publique va perdre ainsi, par le bon plaisir du prince, 650
millions d’euros de recettes publicitaires en année pleine. Au secteur
privé d’en compenser une partie. On va donc envisager une nouvelle taxe
sur les recettes publicitaires du privé. Pour faire passer la pilule,
on va autoriser une seconde coupure publicitaire dans la diffusion des
films et documentaires, pour dynamiser les recettes publicitaires du privé
et mieux pouvoir les taxer ensuite ! Notons d’ailleurs qu’il est
anormal que l’Etat réglemente le nombre et la
durée des coupures publicitaires ; c’est à chaque chaîne de décider
librement quel volume de publicité est toléré par ses téléspectateurs,
au risque de perdre de l’audimat et des annonceurs. L’Etat n’a certainement pas à s’en mêler. Mais
évidemment cela ne suffira pas ; si la publicité qui était sur le
public passe sur le privé, sauf à la taxer à 100%, ce qui la ferait disparaître,
cela ne couvrira pas le manque à gagner du public. Là encore, l’imagination
des hommes de l’Etat est sans limite. Jean-François
COPE vient de déclarer qu’on pourrait envisager une recette
nouvelle : en bon français, un impôt de plus. C’est en effet en créant
de nouveaux impôts qu’on va sauver l’économie française et accroître le
pouvoir d’achat ! Piste proposée : un impôt sur les fournisseurs
d’accès à Internet et les opérateurs de téléphonie mobile. Argument imparable
de M. COPE : comme il y a concurrence dans
ce secteur, les opérateurs ne répercuteront pas la taxe sur les clients.
Certes. Mais sans la taxe, ils auraient baissé leurs prix. Et puis si
M. COPE croit aux vertus de la concurrence,
pourquoi impose-t-il une concurrence déloyale dans la télévision en faisant
financer certaines chaînes par d’autres ? Tout cela est révoltant.
Le résultat inexorable sera d’une part un secteur public encore plus étatisé,
de l’autre davantage d’impôts et donc de contraintes pour le privé (entreprises
et ménages). Le point de vue libéral est fort simple : que chaque
chaîne, publique ou privée, s’autofinance avec les recettes publicitaires.
D’ailleurs, dans un système libéral, il n’y a pas de chaîne publique. Le 18 juin 2008
|
|||||||||||||||