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CARTE SCOLAIRE : ASSOUPLISSEMENT OU SUPPRESSION ? En dehors du service minimum, dont nous avons parlé
la semaine dernière, des impôts et de la Sécu, dont nous parlons cette semaine,
un autre sujet sera révélateur du degré de volonté réformatrice du gouvernement.
Il s’agit de la carte scolaire et sur ce point Nicolas SARKOZY, dans notre évaluation,
avait obtenu la note de 4 sur 5, ce qui est assez positif et signifie « réforme
prudente ». La question est donc de savoir ce qui va l’emporter, la réforme
ou la prudence. Les premières déclarations de Xavier DARCOS, le
ministre de l’éducation, donc en charge de ce dossier, sont en demi-teinte. Nous
avons trouvé les discours du ministre très prudents, mais l’objectivité nous oblige
à constater que nos confrères n’ont pas entendu exactement la même chose que nous,
puisque Le Figaro titre « Le gouvernement prépare la suppression de la carte
scolaire » et Le Monde « Xavier DARCOS propose de hâter la suppression
de la carte scolaire ». Si leur interprétation était la bonne, nous ne pourrions
que nous en réjouir. En réalité, dans un premier temps, le ministre
a bien parlé d’assouplissement, pour la rentrée 2007 : au mois de septembre,
cela pourrait concerner 10 à 20% des effectifs. Cela nous semble excessivement
prudent, même si nous comprenons, comme le dit le ministre, que tout ne peut se
régler en une minute. Il s’agit pour lui d’un « changement profond »,
car « les établissements scolaires auront à veiller à une diversification
sociale et géographique de leurs effectifs ». Très bien. On sait que la situation actuelle est la plus injuste
qui soit, car ceux qui ont des relations ou qui peuvent louer une chambre de bonne
dans un autre quartier permettent à leurs enfants d’échapper à la sectorisation,
tandis que les autres sont condamnés à rester dans des établissements de seconde
zone. C’est donc le système actuel qui est source d’inégalités et d’injustices.
Il y a donc urgence, même s’il faut effectivement peut-être attendre la rentrée
2008, car chacun sait que pour la rentrée 2007, la plupart des affectations (en
élèves et en enseignants et moyens) sont faites. Mais il faudrait dès maintenant
indiquer le cap. C’est là que le ministre a été un peu flou, même
si nos confrères l’ont entendu prononcer le mot de suppression…à terme, en tous
cas de « nouveau système ». Mais ce n’est pas cela qui nous inquiète.
Nous avons l’habitude d’attendre longtemps les réformes. Ce qui nous inquiète,
c’est que le ministre n’ait pas prononcé les mots clefs, ceux qui rendront la
réforme radicale, à commencer par le mot de concurrence. Supprimer la carte scolaire,
cela ne veut pas dire pour nous mettre quelques enfants des quartiers dans de
bons lycées et quelques fils de bourgeois dans de mauvais lycées. Cela veut dire une révolution scolaire, celle de
l’excellence par la concurrence : les établissements, pour nous, doivent
avoir les moyens d’évoluer, de faire jouer une vraie concurrence, de pouvoir adapter
leurs programmes, leurs méthodes, leurs moyens. Si un établissement n’a plus d’élèves
parce qu’il n’a pas su évoluer, il devra fermer. Si un autre, parce qu’il est
de bonne qualité, double ses effectifs, il devra voir doubler ses moyens. Parallèlement
il faut une liberté totale d’ouverture de classes et d’établissements. Aujourd’hui
les écoles et collèges privés sont obligés de refuser des inscriptions, faute
d’avoir l’autorisation de l’administration académique, qui n’accorde chaque année
qu’un quota restreint d’ouvertures. La concurrence doit pouvoir jouer aussi au
niveau des enseignants, et la liberté de quitter un établissement pour un autre
doit être totale (le statut de la fonction publique rend l’opération impossible
pour l’instant). Enfin, la question délicate du financement peut
facilement se résoudre avec un système simple, du type bon ou coupon ou chèque
scolaire. De tout cela, le ministre n’a pas parlé, sans doute
parce que’une réforme complète et cohérente remet en
cause trop de règles en vigueur depuis trop longtemps, juste à l’opposé du « spulen »,
le service public unique et laïque de l’Education Nationale, type d’administration
sur lequel la gauche reste calée depuis 1972. le gouvernement
va-t-il écouter les syndicats d’enseignants ou les parents d’élèves ? Qui
est responsable de l’éducation des enfants, sinon les parents ? Que veut
le gouvernement : le marché ou la planification ? Tel est le véritable
enjeu. Or le ministre a déclaré devant la PEEP que le but n’était pas de faire « un
grand marché libéral de l’éducation », mais de « construire une école
plus juste ». Nous ne voulons pas d’un assouplissement. D’ailleurs,
il y en a déjà eu en 1993 et c’est François BAYROU, soit dit en passant, qui les
avait supprimés en 1997. Mais ces assouplissements sans réforme de fond n’avaient
rien changé. Nous, nous voulons une révolution éducative, la révolution de la
liberté scolaire Le 6 juin 2007
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