![]() | |||||||||||||||
|
LE CALENDRIER FISCAL On commence à y voir plus clair dans certaines
initiatives gouvernementales, même si les législatives servent encore d’écran
et si le calendrier n’est pas encore totalement arrêté. Depuis quelques jours,
on perçoit ce qui va se passer en matière d’impôts. De toutes façons, il y aura
à la fois un collectif budgétaire 2007 cet été, lors de la session extraordinaire
du Parlement en juillet, voire en août, et la préparation du budget 2008, qui
doit être prêt pour la session d’automne. A cette double occasion il y aura certainement
des innovations fiscales. Ce que l’on sait actuellement porte sur trois points
et figurerait dès le collectif budgétaire 2007, donc applicable immédiatement : 1-
La
suppression des droits de succession. C’est une promesse électorale du
nouveau président. Tout laisse entendre pour l’instant qu’il tiendra parole.
Côté positif : toute baisse ou a fortiori suppression
d’impôt est en soi une bonne chose. Le capital, le patrimoine est trop
taxé en France : supprimer la taxation lors de l’une des mutations
(en l’occurrence lors d’un décès) est une bonne chose : on ne voit
pas au nom de quoi quelqu’un qui a travaillé et payé des impôts toute
sa vie et ne pourrait pas transmettre son héritage à sa femme ou à ses
enfants. Coté négatif : on peut discuter de l’ordre
des priorités. Est-ce l’impôt le plus urgent à supprimer ? Ne fallait-il
pas s’attaquer en premier aux impôts qui réduisent le plus les incitations à produire,
comme l’impôt sur le revenu ou celui sur les sociétés ? Ensuite, la suppression
ne serait pas totale, mais porterait sur 95% des successions : les plus grandes
en seraient donc exclues. Ce genre de discrimination est toujours nuisible et
laisse entendre qu’un patrimoine serait légitime jusqu’à un certain niveau et
ne le serait plus au-delà, ce qui n’a aucun sens et décourage les plus entreprenants.
On reste dans la logique de l’affrontement entre « les gros et les petits ». 2-
La
déduction des intérêts d’emprunt immobilier : c’est une mesure intéressante
pour inciter les Français à acheter leur logement et donc à devenir propriétaire.
Diffuser la propriété, c’est un élément positif, qui ne peut que développer
un esprit de responsabilité. Sans doute aurait-il fallu aller plus loin
et détaxer tout placement, toute épargne, pour ne taxer que la dépense.
En soi, cela revient de toute façon à réduire les impôts, du moins pour
ceux qui accèdent à la propriété, et tout ce qui réduit les impôts va dans la bonne direction. Après quelques hésitations, Nicolas
SARKOZY a tranché au Havre : les intérêts seront déductibles sur
les prêts en cours. Les socialistes protestent : le prix du logement
va augmenter. En économie socialiste, les prix montent quand l’offre augmente :
il fallait y penser ! 3-
Détaxer
les heures complémentaires. C’est la base du projet de SARKOZY sur le
thème « travailler plus pour gagner plus ». Cela se heurtera
sans doute à des obstacles constitutionnels, car il n’est pas évident
que cela soit conforme au principe d’égalité devant l’impôt, entre des
heures normales, fiscalisées, et des heures supplémentaires défiscalisées.
La philosophie du travailler plus pour gagner plus est bonne, et va de
pair avec la possibilité pour un retraité d’avoir un nouvel emploi :
tout ce qui assouplit l’offre est bon. Toute baisse d’impôt, encore une
fois, est bonne à prendre. Il en va de même pour la défiscalisation des
revenus étudiants. Mais on peut là aussi élever des objections. Cela
revient certes à réduire l’impôt sur le revenu, mais n’est-ce pas là le fond du
problème ? C’était à l’impôt sur tous les revenus qu’il fallait s’attaquer
par priorité, en réduisant -puis en supprimant, comme nous le proposons dans notre
guide du candidat ( www.guideducandidat.org ), qui est plus
que jamais d’actualité- la progressivité de l’impôt. On est évidemment très loin
de la flat tax que nous proposions et qui est réalisé
dans la plupart des pays de l’Est. Détaxer les heures supplémentaires, c’est certes
symbolique et cela conforte la revalorisation de l’activité économique, de la
production, de l’offre, mais cela reste une mini-mesure par rapport à l’ampleur
de la défiscalisation nécessaire. Quant à l’ISF, l’impôt idiot et contreproductif
par excellence, la mesure de la défiscalisation des sommes investies dans les
PME prendra effet pour l’ISF payé en 2008 sur le patrimoine arrêté fin 2007. On
annonce aussi, dès le collectif 2007 de
juillet, selon le ministre du budget, le fameux bouclier fiscal à 50% : ce
serait un premier pas effectif dans la réduction de la progressivité de l’impôt :
ne pas prendre plus de la moitié de ce qu’on gagne. Une piste intéressante avait été ouverte par Nicolas
SARKOZY pendant la campagne électorale, lorsqu’il avait suggéré une baisse de
4 points des prélèvements obligatoires, révolution pour
Le 6 juin 2007
| |||||||||||||||