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La gauche crie au scandale : il n’y aura pas
de coup de pouce donné au SMIC au 1er juillet. Le gouvernement reste
pour l’instant dans le strict cadre légal : la loi actuelle prévoit que celui-ci
doit augmenter au moins du taux d’inflation accru de la moitié du gain de pouvoir
d’achat du salaire horaire de base des ouvriers : cela fait 2%
(exactement 2, O55%). Le SMIC augmentera donc de 2% ou à la rigueur de 2,1%:
pour la première fois depuis longtemps, il n’y aura pas de coup de pouce. C’est
une bonne nouvelle pour l’emploi, puisque le SMIC, comme tout prix bloqué à un
niveau supérieur à l’équilibre, est source de déséquilibre, en l’occurrence ici
de chômage : comme nous le rappelons dans l’article de conjoncture, c’est
une trappe à chômage pour les plus jeunes et les moins qualifiés. Mais il faut évidemment aller plus loin et « ramener
le SMIC à un niveau très inférieur à celui du salaire moyen », comme nous
le proposons dans notre guide du candidat, devenu guide du député ( www.guideducandidat.org
) . A terme, la suppression du SMIC, entendu comme un prix administré, un « faux
prix », un prix politique fixé au niveau national, est une nécessité pour
quiconque veut réellement combattre le chômage. Qu’en pense le premier ministre ? Dans un
entretien au Figaro, il dit ceci : « Nous avons dit les choses clairement
pendant la campagne. Ce système qui laisse chaque année au gouvernement le pouvoir
discrétionnaire de donner un coup de pouce au SMIC correspond-il à la réalité
économique et sociale ? L’option la plus raisonnable serait que les partenaires
sociaux assument cette responsabilité. C’est ce qui se passe dans tous les autres
pays. La deuxième option serait de créer un comité des sages qui donnerait un
avis sur le sujet. Ma préférence va à la première option, au dialogue social et
à la responsabilité. ». Si nous traduisons bien, le premier ministre trouve
que ce n’est pas au gouvernement de fixer le salaire minimum. Voilà qui est intéressant.
Que propose-t-il ? Une libre négociation des partenaires sociaux. C’est mieux.
Mais nous avons des réserves à formuler. Tout d’abord, les partenaires sociaux sont-ils
raisonnables et responsables ? Demander à la CGT de participer à la fixation
du SMIC, n’est-ce pas la porte ouverte à toutes les surenchères, dans la mesure
où la CGT reste une courroie de transmission du PCF ? Ensuite, on reste dans la logique d’un SMIC
uniforme pour toutes les régions et toutes les branches. La logique serait d’avoir,
comme en Allemagne, un salaire minimum négocié branche par branche, en tenant
donc compte des réalités de terrain. Le drame du SMIC français est celui de son niveau.
Dans de nombreux pays, comme en Angleterre ou aux Etats-Unis, l’équivalent d’un
salaire minimum existe, mais il est fixé à un niveau très bas, pour servir en
quelque sorte de filet social. En France, il est à l’évidence actuellement surévalué,
très proche du salaire moyen. Voici qui aggrave le sort des salariés les moins
qualifiés : d’une part ils ne cherchent pas une qualification supérieure
qui leur permettrait de se mettre à l’abri d’un licenciement et de se réinsérer
plus facilement dans les emplois disponibles, d’autre part le travail qualifié
devient comparativement moins cher, et les entreprises préfèreront toujours, à
salaire voisin, un travailleur qualifié. Il faudrait donc organiser une transition entre
le SMIC actuel et un nouveau SMIC négocié par branche en commençant par réduire
fortement le SMIC. Toutefois, d’un point de vue libéral, l’option
la plus « raisonnable » - pour reprendre l’expression de François FILLON
- serait de passer par le libre contrat négocié entre chaque salarié et l’entreprise.
Le libre marché, c’est mieux qu’un « comité des sages ». Cela
veut dire qu’il faut supprimer le SMIC légal, de façon à éliminer l’une des causes
de chômage. En clair, le salaire est une chose trop importante pour être confiée
aux hommes politiques, ni davantage aux syndicats politisés. Le Premier Ministre
fait un premier pas vers la raison en dénonçant le caractère arbitraire et politique
du SMIC. Il reste bien d’autres pas à faire. Quand ? A ceux qui ne voient dans le salaire qu’un minimum
vital socialement acceptable, nous rappelons que rien n’empêche de faire jouer
une redistribution publique (minimale elle aussi) et privée (qui sera d’autant
plus facile que la croissance économique sera forte). Il faut aussi avoir à l’esprit
que la meilleure défense contre la précarité est la flexibilité, et que la flexibilité
augmente avec la qualification. Faisons en sorte que la protection et surtout
la promotion sociale se fassent par la qualité du travail et la motivation du
travailleur. L’assistanat ne grandit ni celui qui donne ni celui qui reçoit. Le 27 juin 2007
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