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On n’en finit plus d’appliquer la
loi FILLON du 17 janvier 2003 sur le processus de convergence des SMIC.
Cette convergence a été étalée sur trois ans et elle devrait enfin être
achevée au 1er juillet ! Résultat : une nouvelle
fois, le SMIC augmente fortement et en particulier de 5,2% pour ceux
qui sont payés au SMIC horaire. Les autres connaîtront une hausse comprise
entre 1,5% et 3,1%, selon la date de passage aux 35 heures, soit un
coup de pouce au-delà de l’inflation (1,5%) variable suivant les situations
(dates de passage aux 35 heures). Le but est simple : avoir un
SMIC unique, quelle que soit la date où l’on est passé aux 35 heures.
Ce montant horaire sera de 8,03 euros (au lieu de 7,61) et concernera
environ 2 millions de personnes. Comment la hausse maximale (5,2%) a-t-elle
été calculée : on prend la hausse des prix en un an, soit 1,5% ;
on y rajoute un coup de pouce ultime pour harmoniser les divers SMIC
de 3,7% et cela donne un total de 5,2% de hausse. Le SMIC horaire aura
ainsi augmenté de 17,2% depuis 2002. Tout cela sera officialisé par le
Conseil des ministres du 29 juin, mais la décision est déjà prise, puisqu’elle
résulte d’un calcul imposé par la loi FILLON. Et le gouvernement n’a
pas manqué de se réjouir par anticipation de ce coup de pouce donné
aux bas salaires et à la consommation « populaire ». Mais rien n’est dit sur les effets
pervers de cette hausse. Il apparaît déjà que l’éventail des salaires
s’est réduit, supprimant toute véritable incitation à progresser sur
le plan professionnel. C’est ainsi que de 1996 à 2002 (avant même les
dernières hausses) le salaire médian (au-delà duquel se trouve la moitié
des salaires les plus hauts) est passé de 1,6 à 1,4 SMIC. La hiérarchie
des salaires, correspondant à une hiérarchie des compétences et des
productivités, aura été artificiellement écrasée. Pourquoi alors se
fatiguer à chercher une promotion professionnelle, si elle ne rapporte
rien ou presque et pourquoi rechercher la productivité ? Bien entendu, l’effet le plus négatif,
que l’on voit s’accentuer année après année, porte sur le chômage. Le
niveau du SMIC, surtout après cette hausse de 17,2% en trois ans, atteint
de telles hauteurs, surtout avec les charges, qu’il dissuade complètement
les entreprises d’embaucher et joue un rôle d’exclusion du marché du
travail des salariés les moins productifs. Il y a là une cause majeure
de la progression du chômage chez les moins qualifiés, comme le montre
le rapport de l’OCDE analysé dans notre article de conjoncture. Ainsi,
ceux qui ont un emploi sont-ils mieux payés, tandis que ceux qui n’en
n’avaient pas restent au chômage ; voilà un grand progrès social. Quant à l’argument de la relance
par la consommation, il ne fait que reprendre les thèses keynésiennes
les plus éculées et contestées sur le fait que les ménages ayant un
bas salaire consommeraient plus proportionnellement que les autres ;
comme si les autres thésaurisaient les sommes reçues et comme si l’épargne
était versée dans un trou sans fond et ne servait à rien. On croyait
au moins que les hommes politiques savaient que ce schéma keynésien
était abandonné par tous depuis au moins trente ans : il faut croire
que ce n’est pas le cas. Enfin, il faut se souvenir qu’une
partie de ce surcoût a été prise en charge par les pouvoirs publics
(exonération de cotisations sur les bas salaires), ce qui fait que cela
représente un coût redoutable pour les finances publiques, qui n’ont
pas besoin de cela. Sans cesser de pénaliser les entreprises, car la
prise en charge n’est pas totale. Conclusion : la hausse de 5,2% du SMIC n’est pas une bonne nouvelle et elle est un mauvais coup supplémentaire donné à l’économie française en général et au chômage en particulier. Pour un gouvernement qui prétend avoir fait de la lutte contre le chômage la priorité absolue, c’est une politique pour le moins surprenante.
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