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En effet, les engagements hors bilan de l’Etat, qui s’ajoutent à la dette publique, s’élèvent à 1000 milliards d’euros (autant que la dette publique au sens strict), dont 890 milliards pour les seules retraites publiques (dont il n’y a pas le premier sou, puisqu’on est dans un système de retraite par répartition). Mieux encore, selon Bercy, les entités publiques affichent des capitaux propres négatifs de plusieurs milliards d’euros. Commentaire du Figaro-Economie : « Si l’Etat était côté en bourse, il ne fait guère de doutes que son titre aurait méchamment dégringolé à la publication du compte général des finances pour 2004 ». Les ministres concernés, Thierry BRETON et Jean-François COPE, ont pudiquement évoqué une situation « fragile » des comptes de l’Etat. C’est du langage politiquement correct. Tandis qu’un membre du ministère ajoutait : « Si les Français veulent comprendre pourquoi notre pays doit se réformer, ils doivent les lire ». Et encore, il paraît que le document n’est pas complet et qu’il sera plus détaillé l’an prochain… C’est une nécessité, car Bercy veut que la Cour des comptes puisse certifier ceux-ci à partir de 2006, ce qui n’est pas encore le cas. Le principal engagement hors bilan concerne les retraites. Il s’agit « de ce que l’Etat aurait dû verser à fin 2004 si l’ensemble des fonctionnaires et des agents relevant des régimes spéciaux avaient tous liquidé leurs droits d’un bloc ». Avec un taux d’actualisation de 2,5%, cela représente 890 milliards d’euros, soit 55% du PIB ! La progression est sensible, puisque cette somme était de 708 milliards fin 2002 et 850 fin 2003. Bien entendu, l’Etat ne devra pas débourser cette somme en un jour, mais cela sera étalé dans le temps, exactement comme le remboursement de la dette publique. Ce n’est donc pas une dépense à très court terme, mais c’est une dépense qui hypothèque le futur. Le gouvernement avait espéré réduire ces engagements grâce à sa réforme des retraites. Mais à l’usage, comme il s’agit d’une réformette, cela change peu la facture, qui diminue moins que prévu (l’économie vient de ce que les fonctionnaires devront travailler plus longtemps pour avoir une retraite complète). Le gain ne sera que de 30 à 70 milliards selon les hypothèses, soit une goutte d’eau dans l’océan des dettes publiques. Et encore l’allongement prévisible de l’espérance de vie va-t-il réduire ce gain à presque rien, puisqu’il induit une hausse future des dépenses. Certes, Bercy cherche à se défendre en expliquant qu’il y a une « sensibilité du calcul aux hypothèses » et « l’existence de plusieurs méthodes », ainsi que des interrogations « sur les changements de comportements induits par la réforme des retraites des fonctionnaires ». Mais ce sont de bien grands mots pour expliquer qu’il y a une incertitude sur quelques dizaines de milliards d’euros, qui ne change rien à l’ordre de grandeur de 1 000 milliards finalement retenu. Au total avec une dette publique de plus de 1000 milliards d’euros et des engagements hors bilan de prés de 1000 milliards d’euros, cela représente une dette publique totale de 2 000 milliards, soit 120% du PIB…A la charge du contribuable futur, qui devra bien entendu non seulement rembourser les dettes dues au déficit cumulé du budget, mais encore payer les retraites des fonctionnaires le moment venu. De quoi réjouir les générations futures, qui recevront cette dette en héritage. On dit que le
marché est myope. Ce qui est faux. Les gouvernements, eux, jouent les
autruches.
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