« A PEINE NE ET DEJA 17 000 EUROS

DE DETTE PUBLIQUE SUR LE DOS ! »


Nos lecteurs connaissent l’association « Contribuables Associés », dont on sait le dynamisme, et qui s’associe souvent aux travaux de l’ALEPS et de l’Université d’Eté de la Nouvelle Economie, car le combat que nous menons est le même. « Contribuables Associés » publie notamment la revue « Le cri du contribuable » et la brochure « Nous, contribuables ».

Elle vient de lancer une nouvelle campagne contre la dette publique en diffusant massivement un tract, montrant un bébé qui pleure, accompagné de la légende suivante : « A peine né et déjà 17 000 euros de dette publique sur le dos ! » et d’un petit commentaire : « La dette publique atteint 1065 milliards d’euros. Ce qui représente plus de 17 000 euros de dette publique à rembourser par Français. Malgré la hausse incessante des impôts, l’Etat dépense donc plus qu’il ne prélève, renvoyant sur les générations futures le règlement de ses dépenses ».

Un message simple et facile à faire connaître. Car il va au cœur du problème. Un dossier de « Nous, contribuables » précise les choses, sous le titre « le train fou de la dette publique ». Nous reprenons volontiers cette argumentation, que nous avons souvent nous-même présentée à nos lecteurs. La dette publique vient en effet d’atteindre 1065 milliards d’euros. Quoi d’étonnant lorsqu’on sait qu’en France, le dernier budget de l’Etat en équilibre remonte à 1974 : cela fait donc 31 ans de déficits cumulés, qu’il a bien fallu financer par l’emprunt.

Bien entendu, qui dit hausse des emprunts dit un jour où l’autre hausse des impôts, puisqu’il faut bien finir par les rembourser et par assurer la charge de la dette (intérêts annuels). Ce qui explique que le record d’endettement va de pair avec un record de prélèvements obligatoires dont nous avons parlé la semaine dernière. Mais on cache en général l’ampleur des déficits annuels du budget de l’Etat en les exprimant en pourcentage du PIB (les fameux 3% de déficit autorisés par les traités européens).

La réalité est plus simple : l’Etat a un déficit qui représente chaque année environ 20% de son budget : lorsque l’Etat collecte 80 euros d’impôt, il en dépense 100, grâce à l’emprunt. Que penserait-on d’un ménage qui aurait le même train de vie et auquel il manquerait chaque mois 20% de son budget. A impôts constants (alors qu’il faut absolument les réduire), il faudrait pour équilibrer le budget et cesser d’emprunter réduire les dépenses publiques de 20% !

Mais il ne s’agit pas seulement de stabiliser la dette : il faut aussi la réduire en la remboursant peu à peu. Et comme 1 065 milliards d’euros, c’est un peu abstrait, « Contribuables Associés » a calculé que cela représentait 17 000 euros par personne, vieillards ou bébés compris ; 68 000 euros pour une famille avec deux enfants ! En attendant ce remboursement, reporté sur les générations futures, auxquelles nous ne léguerons que des dettes, il faut bien payer les intérêts de la dette, ce qui vient à nouveau gonfler les déficits.

Les intérêts de la dette représentent à eux seuls 47,2 milliards d’euros : c’est le deuxième poste budgétaire, juste après l’éducation nationale et la recherche (70,8 milliards), mais devant la défense (41,4 milliards) ou le travail et la santé (31,6 milliards). C’est neuf fois le budget de la justice ! Cette charge de la dette est presque aussi élevée que le déficit annuel du budget. Enfin, c’est presque autant que l’ensemble de l’impôt sur le revenu, enlevé au contribuable et ainsi gaspillé pour rien…

Et encore, « Contribuables Associés » souligne que ces chiffres faramineux « ne tiennent pas compte des 200 milliards d’euros d’endettement des entreprises publiques ni des retraites des fonctionnaires qui n’ont jamais été provisionnées et qui représentent un engagement financier de l’Etat de 850 milliards d’euros ».

Enfin, on notera une nouvelle fois que nous avons ici l’éternelle exception française : chez nous, en 5 ans, la dette publique a progressé de 5,2 points de PIB, ce qui est énorme. Pendant le même temps, la dette publique a diminué de 16,6 points de PIB en Irlande, de 14,3 en Belgique, de 12,3 en Espagne, de 9,3 en Italie, de 5,2 en Angleterre, de 3,9 en moyenne dans l’Union européenne. Réduire la dette publique, c’est donc possible. Les jeunes devraient se mobiliser pour préserver leurs droits.

 

Le 15 juin 2005

 
   

 

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