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Le Figaro publie
à ce sujet une interview de Gilles PELISSON, PDG de Bouygues Telecom,
qui estime que l’Etat ne fait rien pour favoriser la concurrence, au contraire :
« Toutes les décisions sont prises dans l’intérêt d’Orange »,
c'est-à-dire de l’ancien monopole public. Orange représente actuellement
49% de part de marché, SFR 35% et Bouygues, qui est arrivé plus tard,
16%. « Encore
récemment, lors du renouvellement des licences GSM, les anciennes équipes
de Bercy avaient émis l’idée d’une redevance progressive, par tranches
de chiffres d’affaire. Finalement, une solution minimaliste a été adoptée,
car elle bénéficie surtout au plus gros, orange, qui aurait dû payer beaucoup
plus. » Il est difficile pour Bouygues de grandir « d’autant
que l’ART et l’Etat ne font rien pour rééquilibrer le marché. L’Etat,
qui porte la triple casquette de régulateur, législateur et principal
actionnaire de France Télécom, est dans une situation délicate :
depuis deux ans, il s’est employé à redresser France Télécom, qui était
au bord de la faillite, tout en le protégeant ». « Si la
volonté de l’Etat était vraiment d’accroître la concurrence, il aurait
pu prendre des mesures en ce sens depuis des années. Il ne l’a pas fait.
Certains pays voisins ont mis en place, entre autres, des accords de roaming
national, pour permettre aux nouveaux opérateurs d’offrir dès leur lancement
une couverture complète à leurs clients. La France a refusé de s’engager
dans cette voie ». « Des décisions
majeures et très structurantes n’ont pas encore été prises. Elles peuvent
encore l’être pour améliorer la concurrence. Prenons la distribution :
en Angleterre et en Espagne, le régulateur a interdit à l’opérateur historique
d’utiliser son réseau de boutiques pour vendre de la téléphonie mobile.
Orange, lui, utilise celles de France Télécom. C’est un avantage énorme.
(…). Une autre façon de favoriser la fluidité du marché serait de faciliter
la portabilité du numéro. Pour changer d’opérateur sans changer de numéro,
il faut deux jours en Belgique, dix jours en Italie, trois jours en Allemagne
… et trois mois en France ! Bref, si on veut améliorer la concurrence,
il existe des moyens ». En réalité,
le rôle de l’Etat n’est pas d’améliorer la concurrence, mais tout simplement
de la laisser fonctionner librement. Ce que l’on peut reprocher à l’Etat,
ce n’est pas de ne pas intervenir assez sur ce marché, pour y remettre
de l’ordre, c’est d’y intervenir trop ; et cela au profit du seul
ancien monopole public. Cela fait penser à ce qui se passe actuellement
sur les marchés du gaz et de l’électricité, qui vont être totalement ouverts
à la concurrence au 1er juillet pour les fournitures aux entreprises :
le pilonnage auquel on assiste (des pages entières de journaux tous les
jours, et l’équivalent à la radio ou à la télévision) vise à fermer le
marché avant même qu’il n’ait été ouvert. L’Etat français
est entré dans tous ces secteurs dans un processus de concurrence à reculons,
obligé par Bruxelles, avec pour seul objectif de conforter l’ancien monopole
public et de pénaliser les opérateurs privés.
Nostalgie du service public, rejet du marché. Mais il faudra bien
se plier aux exigences de la concurrence et de la propriété privée.
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