PLAN DE COHESION SOCIALE : DES GHETTOS-GAYSSOT


 

On commence à y voir un peu plus clair sur le contenu du plan de cohésion sociale que Jean-Louis BORLOO doit présenter le 23 juin en conseil des ministres. A vrai dire, venant de Jean-Louis BORLOO, nous n’attendions rien de très libéral. Nous avons été comblés au-delà de toute espérance, puisque Marc Philippe DAUBRESSE, secrétaire d’Etat au logement, a annoncé que le gouvernement allait se fixer comme objectif, dans ce plan de cohésion sociale, le doublement du rythme de construction des logements sociaux sur cinq ans.

Il semble que la base de départ soit l’année 2000, où il y a eu la construction de 50.000 HLM. Ce chiffre est passé à 58.000 fin 2003 et l’objectif pour la fin 2004 serait de 80.000,… si le budget le permet. L’objectif ultime serait donc de 100.000 HLM nouveaux par an, sans compter les 20.000 démolitions reconstructions prévues.

Comme le fait observer le ministre, c’est un objectif ambitieux, compte tenu du contexte budgétaire, qui supportera mal cette explosion des dépenses publiques. C’est aussi un objectif innovant, par rapport à la tendance des années 90 (diminution du nombre de constructions jusqu’en 1995 et stabilisation entre 40.000 et 50.000 depuis.). Cette reprise coïncide avec la volonté d’appliquer la loi SRU imposant aux communes, quel que soit le souhait des élus locaux, 20% d’HLM, sous peine de fortes amendes (loi solidarité et renouvellement urbain, imaginée par le très communiste Monsieur GAYSSOT).

Ce qui nous choque dans cette affaire, ce n’est pas que l’on envisage d’encourager la construction de logements sociaux, car il semble qu’il y en ait effectivement besoin. Mais c’est que l’on n’envisage qu’une solution - déjà proposée par l’abbé PIERRE et ses amis : la construction publique d’HLM. C’est à dire un système étatiste et nationalisé, propre à favoriser la bureaucratie, le clientélisme et l’exclusion.

S’il est vrai que l’on manque de logements, y compris sociaux, la vraie mesure libérale, celle qui favoriserait en profondeur la cohésion sociale, consisterait à libéraliser la construction. Comment le secteur privé pourrait-il se développer aussi vite que nécessaire, avec les contraintes qui pèsent sur lui et en particulier avec le contrôle des prix dans ce secteur ? On est en train de répéter les erreurs de l’après-guerre, où le dirigisme avait conduit à la crise du logement, alors que dans les pays où les prix étaient libres - comme l’Allemagne, il n’y avait pas eu de pénurie durable, le marché ayant spontanément permis de répondre aux besoins.

Le secteur privé en France aujourd’hui serait prêt à produire plus de logements, y compris dits sociaux, s’il était libéralisé. Mais il se plaint aussi, à juste titre, de la rareté des terrains, artificiellement créée par les réglementations qui pèsent sur les permis de construire et les zones constructibles. Or des possibilités existent, pourvu qu’on libéralise le secteur. C’est ainsi que pour construire des HLM, l’Etat envisage de déclasser 3 millions de mètres carrés de réserve foncière appartenant principalement à Réseau Ferré de France et à la SNCF : pourquoi le faire au seul profit des HLM et de la construction publique ?

Ce projet en dit long sur ce que le gouvernement veut faire avec son plan de cohésion sociale. Si la cohésion sociale a été mise à mal, cela s’explique en grande partie par l’ampleur du chômage et donc par le refus des réformes libérales du marché du travail. Mais cela s’explique plus généralement par l’Etat-Providence. Le poids des prélèvements a détruit la prospérité et les mécanismes d’assistance ont détruit le tissu social.

C’est l’Etat qui est la cause de la perte dramatique de la cohésion sociale et des nouvelles formes de pauvreté ; il ne saurait donc être la solution. Et doubler la construction des HLM ne fera qu’aggraver la crise des finances publiques, sans résoudre en quoi que ce soit la crise du logement. Partout dans le monde, la pauvreté recule sous l’effet de la croissance et de la création de richesses nouvelles ; or celles-ci passent par le recul de l’Etat. En France, nous prenons le chemin inverse.

On n’arrête pas la marche de ce pays vers le communisme intégral.

 

 

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