LA FRANCE, PAYS DE LA « MISERE FISCALE »



Le magazine FORBES vient d’apporter sa contribution à la comparaison internationale de la pression fiscale, en publiant, comme il le fait régulièrement, un index « de la misère fiscale », c’est à dire en fait du poids de l’impôt. Pour cela il utilise un critère très simple, mettant bout à bout tous les taux marginaux des divers impôts. C’est un indicateur comme un autre, qui peut évidemment être critiqué, mais qui a l’avantage de mettre l’accent sur une question essentielle : celle de la progressivité de l’impôt et en particulier de la tranche marginale. On peut soutenir à juste titre que cette tranche marginale est significative parce qu’elle explique les comportements des ménages ou des entreprises face à l’impôt : c’est elle qui, lorsqu’elle est trop élevée, décourage le travail, l’esprit d’entreprise, l’épargne, la création en général.

Or que ressort-il de cette enquête ? Que la France est championne de la pression fiscale, de ce que FORBES appelle la « misère fiscale » en réalité. Pour l’année 2003, cet index est en France de 179,4 (en mettant bout à bout les tranches marginales de l’impôt sur le revenu, de celui sur les bénéfices, de la TVA ou de l’ISF, etc…). La Belgique est numéro 2 avec 153,1, loin derrière nous. Puis on trouve la Suède (149,8), classée donc loin derrière la France contrairement à ce que l’on aurait pu croire, l’Italie (145,0) à égalité avec la Chine, puis l’Autriche (144), la Norvège (139,7), la Grèce (136,9), la Slovaquie (136,8) ou la Finlande (135,5). La plupart des pays d’Europe centrale et orientale (avec une moyenne de 115 pour les dix futurs membres de l’Union européenne), mais aussi les Etats-Unis et la Grande-Bretagne sont loin derrière nous.

Certes, l’auteur de l’étude constate qu’en France, pour la première fois, le taux marginal de l’impôt sur le revenu est (très légèrement) inférieur à 50%, mais il convient d’ajouter qu’à cet impôt s’ajoute la CGS-CRDS, qui est de 10%, ce qui fait que la tranche marginale est en réalité de prés de 60%, alors que partout dans le monde elle est très en dessous des 50%.

Cette analyse a provoqué de véhémentes protestations et en particulier, dans le Figaro, celle de Clara GAYMARD, Présidente de l’agence française pour les investissements internationaux. Celle-ci conteste le classement qui « n’a aucune valeur scientifique, l’analyse qui l’accompagne est de mauvaise foi et clairement mal intentionnée ».

Madame GAYMARD ajoute qu’on ne tient pas compte d’autres avantages de la France, comme du fait que la scolarité est gratuite. Certes, mais à quel coût pour le contribuable ? Et surtout, dit-elle, « en France, les trains arrivent à l’heure, la distribution de l’électricité est fiable. » Peut-être Madame GAYMARD ne prend-elle pas souvent le train, le bus ou le métro ?

 

 

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