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Nous venons de vivre une grande semaine, malheureusement passée un peu inaperçue en raison de la situation sociale, celle du développement durable. Puisque « la maison brûle », comme l’avait expliqué Jacques CHIRAC à Johannesbourg, il ne fallait pas moins d’une semaine et d’un comité interministériel pour essayer d’éteindre le feu. Il y a urgence, puisque la planète est en danger.
En ce sens, le gouvernement ne fait que reprendre les veilles peurs malthusiennes,
remises à l’honneur dans les années 60 par la club de Rome, sur le thème :
puisque les choses ont été comme cela, elles vont continuer de la même
façon jusqu’à l’explosion : les ressources naturelles s’épuisent,
la pollution évolue de manière exponentielle, la température de la planète
s’élève, le nombre d’espèces animales se réduit et il faudra bientôt l’équivalent
de quatre terres si tout le monde se comporte comme les Américains.(Tout
cela a été dit au plus haut niveau…). Bref, l’homme est vu sans imagination,
sans capacité de réaction, et il est sûr que si rien ne change, tout explose.
Ces thèses sont vieilles comme le monde et elles ne font qu’oublier l’homme
et sa capacité d’adaptation. Heureusement, un bon génie veille, l’Etat, d’où
les mesures proposées. Le secrétaire d’Etat au développement durable,
Tokia SAÏFI, que certains avaient cru libérale, en explique
le sens profond dans le Figaro : « Depuis Rio, on a passé dix
ans à parler des grands principes : cette réflexion était sans doute
nécessaire, mais pendant ce temps, par exemple, le phénomène de l’effet
de serre s’amplifiait. Il est temps se sortir du catalogue des bonnes
intentions et de passer à l’acte. Les Français sont inquiets pour leur
santé, leur environnement, la sécurité sanitaire. L’Etat
doit leur apporter des réponses concrètes ». « A partir
d’aujourd’hui, le développement durable est définitivement intégré dans
la prise de décision des politiques publiques et le fonctionnement de
administrations. Un haut fonctionnaire responsable du développement durable
veillera, dans chaque ministère, à l’application de la feuille de route
gouvernementale ». Car la solution, on l’aura compris, est simple
et claire : c’est l’Etat qui règle les problèmes d’environnement.
On a enfin tourné la page des libéraux qui voulaient croire que le marché
(par exemple des bons à polluer) pouvait régler la question des atteintes
à l’environnement. Désormais on a enfin trouvé la solution : mieux
que le marché, l’Etat. Il sera d’ailleurs lui-même « exemplaire » :
les administrations vont acquérir des véhicules propres(20%), des véhicules
électriques(5%), et réduire leur consommation d’eau et même recycler 60%
de leurs papiers blancs…Et les administrations qui dépenseront beaucoup
d’argent en faisant tout cela recevront un coup de pouce supplémentaire. Mais la mesure que tout le monde attendait,
c’est un « office central de recherche et de lutte contre les infractions
liées à l’environnement et à la santé publique ». En clair une police
verte sur le modèle de l’office central de répression du grand banditisme…Pas
moins ! On va ainsi créer de nombreux emplois de gendarmes, de médecins,
de biologistes pour cette police verte. Même le parquet de Marseille devra
se spécialiser sur les pollutions marines en Méditerranée. Mais il faut aussi penser aux jeunes. L’éducation
à l’environnement est introduite et obligatoire dans les programmes :
30 heures dans le primaire, 20 au collège, 10 au lycée. Il s'agit d'introduire
le développement durable dans l'histoire, la géographie, les sciences
de la vie et de la terre, etc. Cela permettra sûrement d’expliquer aux
jeunes, grâce à leurs professeurs très versés dans ce domaine, que la
dégradation de l’environnement vient du méchant marché et la solution
de l’Etat bienveillant. Les autres mesures sont du même tabac, à propos
des risques sanitaires et environnementaux ( un plan
national sera adopté…), des transports (on va revoir - en mieux- la fiscalité
actuelle en faveur de l’environnement et adopter de nouvelles mesures fiscales
- cela s’impose), de l’agriculture (on va relancer l’agriculture biologique, l’agriculture
manquant sûrement de subventions), etc. Bref, on nage en pleine folie verte, « peste
verte » comme l’écrivait Gérard BRAMOULLE.
et ceci au plus haut niveau gouvernemental. On
reste muet devant ce que Jacques GARELLO appelait dans un éditorial « l’imbécillité
durable ». Le 18 juin 2003
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