TRAITEMENT LOCAL DU CHÔMAGE : 44 000 EUROS PAR EMPLOI



Après le traitement social du chômage, voici le traitement local du chômage. Plusieurs CIADT (Comités interministériels sur l’aménagement du territoire) ont été nécessaires pour mettre en place le plan gouvernemental de lutte contre le chômage dans les régions particulièrement touchées par les licenciements collectifs. Finalement, le gouvernement vient d’annoncer pour ces régions effectivement sinistrées la création de 7 à 8000 emplois d’ici à 2006 et cela grâce à 350 millions d’euros.

Cet argent est exclusivement public et provient pour 106 millions de l’Etat, pour 96 millions de l’Europe et pour le reste des collectivités locales, c’est à dire dans tous les cas du contribuable. Des contrats de site seront ainsi établis en partenariat entre les préfets et les collectivités locales dans une douzaine de bassins d’emplois « victimes de sinistres économiques majeurs ». Il s’agit surtout de la restructuration du secteur de la défense (Bourges, Tulle, Vichy-Cusset, Roanne, Saint-Etienne-Saint-Chamond, Tarbes et Toulouse), des territoires affectés par les restructurations de Metaleurop à Lens, de Daewoo à Longwy, de Matra à Romorantin et d’ACT à Angers ; et enfin des bassins textiles en difficultés comme ceux des Vosges ou de l’Aube.

Personne ne niera que ces régions soient sinistrés et que des créations d’emplois soient utiles pour revitaliser ces régions. Mais la méthode employée par le CIADT est très contestable : ces emplois sont créés uniquement à partir de fonds publics et cela pour un coût prohibitif. Un simple calcul montre que chaque emploi créé reviendra à environ 44 000 euros –pas loin de 300 000 francs). Est-ce raisonnable ?

Cela a-t-il un sens ? Et surtout combien les prélèvements nécessaires à ces dépenses publiques vont-ils détruire d’emplois ? On retrouve ici la distinction classique de BASTIAT entre ce qui se voit et ce qui ne se voit pas. Et dans ce cas ce qui ne se voit pas (à savoir les emplois détruits) sera sûrement très supérieur à ce qui se voit.

Evidemment, politiquement, le gouvernement aura donné l’impression de faire quelque chose ; mais en profondeur, si l’on avait laissé aux entreprises ces 350 millions d’euros, gageons qu’elles auraient créé nettement plus de 8000 emplois. Mais il vaut mieux faire croire à l’électeur que l’on fait quelque chose, plutôt que de laisser fonctionner librement le marché et de laisser les entreprises créer des emplois. Car ce qui rapporte des voix, ce n’est pas la réalité ; c’est le spectacle. Et pour cela rien ne vaut les subventions publiques. En attendant, tant que l’on poursuivra sur cette voie, le chômage va continuer à augmenter.

 

 

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