LAURENCE PARISOT: CLAIRE SUR LA REFORME DES RETRAITES

La présidente du Medef expose les modalités du passage à la capitalisation


Il se dit et il se fait beaucoup de stupidités à propos de la réforme des retraites. L’ignorance y est pour beaucoup, mais aussi l’idéologie, la démagogie. François Fillon a eu raison d’aligner Martine Aubry en montrant toute la démagogie des propositions socialistes, notamment en ce qui concerne la chasse aux riches. Mais les gens du gouvernement et de l’UMP ne sont-ils pas sur la même longueur d’ondes, tout comme les principaux leaders syndicaux ?

On n’en appréciera que d’autant l’interview que Laurence Parisot a accordée au Figaro mercredi dernier 19 mai. Le quotidien titre d’ailleurs « Le Medef rappelle les « vertus » de la capitalisation » (pourquoi les vertus entre parenthèses ?)

La présidente du Medef a fait preuve de compétence, de modération, et elle donne le sentiment de chercher réellement une solution qui soit la meilleure et pour les retraités, et pour les assurés, et pour les entreprises – car tous ces intérêts convergent, contrairement au dogme de la lutte des classes. Eloignée de tout esprit partisan, Laurence Parisot a souligné plusieurs points qui nous paraissent déterminants, et qui sont dans le prolongement de « l’approche scientifique » proposée par Jacques Garello et Georges Lane.

1° Il est important d’introduire dans le système un mélange de répartition et de capitalisation, celle-ci se substituant progressivement à celle-là. « Je préconise un mix des deux. Ne mettons pas tous nos œufs dans le même panier ».

2° La réforme doit exclure toute hausse des cotisations, déjà très lourdes pour tous. « Fixer un seuil maximum de cotisation au-delà duquel nous n’irons jamais ».

3° La capitalisation ne fait courir aucun risque à long terme. Laurence Parisot a « balayé les risques de la capitalisation en cas de tempête boursière –inexistant à long terme de son point de vue » commente le journaliste du Figaro.

4° La capitalisation concourt à la création de nouvelles richesses et de nouveaux emplois. « Elle crée de la richesse, elle n’en ponctionne pas, contrairement à la fiscalité ».

5° Par contraste il est suicidaire de taxer le capital et ses revenus et les sommes récoltées seraient vite dérisoires. « Nous n’arrivons pas à imaginer quelque chose qui permettrait de suppléer le besoin de financement gigantesque ».

6° Le passage à la capitalisation pourrait être une offre proposée aux assurés, mais pourrait aussi être une mesure obligatoire. « Un nouveau dispositif très incitatif, voire obligatoire ».

Il reste maintenant à Laurence Parisot à convaincre et le gouvernement et les partenaires sociaux. Ce ne sont pas les premiers intéressés, puisque ce sont les assurés, cotisants et retraités qui sont les premiers concernés, mais ils ne sont pas représentés dans le débat, pas davantage que les tenants d’une approche scientifique. Mais ces hauts personnages sont ceux qui ont le pouvoir de décision – ou de non-décision faudrait-il dire, car pour l’instant tout le monde se dispute autour de réformettes, qui devront être reprises, annulées, ou complétées en moins d’un an. Ils ont aussi le pouvoir de manifestation, le pouvoir médiatique, et le pouvoir illimité que confèrent l’incompétence et l’irresponsabilité. Pourquoi ne prendraient-ils pas, en écoutant Laurence Parisot, le chemin du savoir, de la responsabilité et de la concorde ?

Le 26 Mai 2010

   
 
 
 

 

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