LES IRREDUCTIBLES DE LA RELANCE

 

FMI et OFCE ; la rigueur budgétaire compromet la «  sortie de crise »


On trouve toujours plus royaliste que le roi. Alors même que les gouvernants, bien malgré eux, semblent vouloir s’engager dans la réduction des dépenses publiques, certains persistent à croire que la croissance ne pourra redémarrer qu’à travers la relance budgétaire, de sorte que la nouvelle politique « de rigueur » prolongerait la crise.

C’était déjà la position des économistes du Fonds Monétaire International, Olivier Blanchard en tête, qui proposaient une autre solution : persévérer dans les déficits, mais les faire financer par une création de monnaie purement artificielle, donc accepter une inflation de quelques points. Eponger les dettes en dévaluant les monnaies n’est pas très nouveau : cela remonte à Dioclétien ou à Philippe le Bel et ses héritiers « rois faux-monnayeurs ».

Voici maintenant que l’OFCE (Office Français de Conjoncture Economique), l’officine dirigée par le très influent Jean Paul Fitoussi, alerte l’opinion publique sur les dangers de la rigueur budgétaire. « Elle va menacer la reprise et empêcher la sortie de crise », titrent Les Echos (24 avril), qui donnent la parole à Xavier Thimbeau, directeur du département analyse et prévision dudit OFCE. « Pourquoi durcir les politiques budgétaires ? » se demande l’expert qui fait remarquer : « Les taux d’intérêt des obligations pour le reste de la zone euro ont baissé pendant la crise grecque ». A la décharge de l’expert, il a fait ces déclarations le 24 avril, c'est-à-dire avant que le déclassement soit annoncé pour le Portugal et l’Espagne, avant que la France elle-même ne se sente en devoir de rassurer les prêteurs. Voilà un bon exemple d’analyse et de prévision. Le drame, c’est que l’OFCE passe pour un organisme scientifique. Dans une interview télévisée (Télématin, 26 avril) l’un de ses experts dénonçait avec véhémence « le marché », qui veut la peau de la Grèce et de l’euro. C’est quoi, « le marché » ? Un complot ? Une internationale du capitalisme ? Nous l’ignorons, mais nous savons bien en revanche les erreurs et les méfaits de l’internationale du socialisme keynésien qui a inspiré le « stimulus ».

Le 12 Mai 2010

   
 
 
 

 

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