CURE D’ASSAINISSEMENT DES FINANCES PUBLIQUES

 

Naguère la panacée, les dépenses publiques, sont aujourd’hui l’épouvantail


Le mauvais procès fait aux agences de notation s’articule comme par hasard avec la crainte d’un « effet domino ». La Grèce emmènerait dans sa chute un grand nombre de pays européens, soudainement déséquilibrés par la panique financière internationale.

En réalité, les risques relevés par les agences sont connus et dénoncés depuis des mois, sinon des années : certains Etats européens vivent au-dessus de leurs moyens, et ont accepté voire provoqué la crise de leurs finances publiques. Se trouvent dans cette situation non seulement la Grèce, le Portugal et l’Espagne, mais aussi l’Irlande, l’Italie et la France. Tous ont accumulé une dette qui rend problématique leur solvabilité à moyen terme.

Les agences de notation n’ont rien dit d’autre. Quand on note un débiteur, on se demande premièrement si son endettement (passif) n’est pas trop lourd par rapport à sa richesse présente (actif), deuxièmement s’il a des chances d’augmenter sa richesse dans le futur pour pouvoir rembourser ses dettes. Les politiciens ne veulent pas reconnaître en public ce qu’ils savent très bien : le désordre des finances publiques a atteint son paroxysme, et la croissance ne sera pas au rendez-vous, compte tenu du poids de l’Etat, de ses prélèvements et de ses réglementations.  

Les sauveteurs sont en train de se noyer : après avoir voulu jouer les saint-bernards et avoir jeté l’argent par la fenêtre au prétexte de lutter contre la croise, les Etats sont maintenant écrasés par le poids de leur générosité. Et ils s’aperçoivent que la richesse a fondu. La Grèce n’y est pour rien, mais dans les discours politiques des prochains jours, quand s’accumuleront de nouveaux chiffres en rouge, nos dirigeants ne manqueront pas d’invoquer l’effet domino : double six.

Le 6 Mai 2010

   
 
 
 

 

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