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BURQAS ET CORNETTES L’habit ne fait pas le moine. La burqa
ne fait pas la bonne sœur La Nouvelle Lettre n’a pas voulu à ce jour prendre part au « grand débat » qui agite la classe politique et les médias français. Précisément parce que l’affaire a été politisée, instrumentalisée, et que l’on entend tout et le contraire de tout sur le sujet. Il nous est cependant apparu que l’on pouvait tirer un enseignement de la comparaison entre le port de la Burqa et celui de la cornette qu’arboraient naguère certaines bonnes sœurs. Aujourd’hui les cornettes, comme les soutanes, ont presque totalement disparu. Est-ce par respect de la laïcité républicaine ? Il semblerait que ç’ait été plutôt un comportement post-conciliaire, quand l’Eglise catholique a voulu marquer sa volonté de changer les formes du rapport entre clergé et société. Peu importe d’ailleurs. Car si les soutanes pouvaient attirer les moqueries voire les haines des laïcards, les cornettes étaient généralement respectées, sinon admirées. Il y avait une bonne raison à cela : les cornettes projetaient l’image de femmes consacrant leur vie au service des autres. Tout comme le voile de Mère Térésa et de ses sœurs, elles évoquaient le dévouement et l’attention portée aux plus malheureux et aux plus pauvres. Il faudrait beaucoup d’imagination pour trouver quelque chose de ce genre avec la burqa. La burqa projetterait plutôt l’image de femmes soumises plutôt que de saintes musulmanes. L’attitude de la population française changera à son égard quand on verra des burqas dans les dispensaires, auprès d’enfants malheureux et de malades, publiquement au service des autres. Il se peut que pour certains croyants musulmans la burqa représente autre chose. Mais d’une part on dit que ce ne sont pas tous les Musulmans qui lui prêtent un sens moral ou religieux. Et d’autre part on ne peut pas demander aux gens de la rue de connaître et juger les préceptes de l’Islam en ce qui concerne le vêtement des femmes. On dit que l’habit ne fait pas le moine. Mais la burqa ne fait pas la femme dévouée ni pieuse. Ou pas encore : la démonstration reste à faire dans l’esprit des Français moyens, catholiques, musulmans ou autres. Le 6 Mai 2010
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