PROMENADE EN EUROPE : DES INNOVATIONS AUDACIEUSES



Elections obligent :  nous avons glané quelques petites informations sur divers pays européens.

La première concerne la Grèce, qui aimait tant l’Europe et l’euro qu’elle a fini par avouer qu’elle avait truqué toutes ses statistiques pour entrer dans la zone euro : bel exemple pour ceux qui frappent à la porte. Elle se préoccupe maintenant de l’économie souterraine, les Grecs aimant bien payer sans facture, donc sans TVA, pour échapper à l’impôt (officiellement cette économie non officielle représente 28% du PIB, bien plus en réalité). Mais comment inciter les Grecs à payer de vraies factures, déclarées, TVA comprise ? C’est très simple : chaque facture aura un numéro et si leur code correspond aux deux derniers chiffres des billets gagnant du loto de la semaine, l’Etat remboursera intégralement la facture. L’Etat n’a rien trouvé d’autre pour « motiver les citoyens » à payer l’impôt. Faisons un pari : les vraies-fausses factures vont se multiplier en Grèce. Reconnaissons en tous cas que le fisc grec a de l’imagination.

 
Autre information : les Pays-Bas ont décidé de réduire massivement le chômage. Pour cela, la période maximale de chômage sera d’un an. Ensuite, le demandeur d’emploi sera obligé d’accepter toute proposition qui lui est faite. En cas de déqualification, le complément sera versé par les pouvoirs publics. D’une certaine façon, cela coûte moins cher que des indemnités chômage, et les emplois sont de vrais emplois, puisque les Pays-Bas en fait manquent de main d‘œuvre, alors que beaucoup d'emplois offerts ne sont pas acceptés par les chômeurs. Il est intéressant de voir que les Pays-Bas luttent activement contre le chômage, alors qu’ils ont 4,4% de chômeurs, deux fois moins que chez nous. Là-bas, le mot d’ordre est « travaillez d’abord ». On est loin du « droit à la paresse », du regretté Paul Lafargue (le gendre de K. Marx). Qu’en pense la CGT ?

En Europe, autre sujet, les producteurs de lait sont mécontents. En France, le gouvernement nomme un médiateur. Comme d’habitude, Le Monde explique très doctement les raisons de cette colère, due à la chute de 30% du prix du lait : c’est le « résultat d’une déréglementation du marché ». La conclusion est sans appel : « En temps de crise, la régulation a du bon ». Pourtant, certains producteurs, par exemple de porc, font valoir qu’ils connaissent des fluctuations de cours et qu’ils ont appris à « appréhender la volatilité des prix », par exemple en épargnant quand le prix est élevé. Manifestement, les producteurs de lait préfèrent que le risque soit assumé par la PAC, dont par le contribuable. Ainsi, celui-ci paiera plus cher son lait comme consommateur, plus le lait qu’il ne boira pas, cette fois sous forme de hausse d’impôts. En fait, les producteurs de lait se plaignent que leurs revenus varient désormais. On comprend très bien que certains refusent ce risque : ils doivent alors devenir salariés, le contrat de travail accordant un salaire fixe. Mais s’ils veulent rester entrepreneurs, ils doivent accepter le risque. C’est l’une des justifications de leur revenu, qui est alors un profit.


Mais la France a de l’imagination et peut proposer aux Européens des solutions novatrices. C’est ce que vient de faire le président Sarkozy dans un autre secteur, le bois. Il a trouvé la solution, comme le titre Les Echos sur six colonnes : « Sarkozy veut un fonds stratégique pour réveiller la filière bois ». C’est une nouvelle application du fonds souverain à la française. Et cela existait déjà dans l’aéronautique ou l’automobile. Il serait lancé avec l’Etat, la Caisse des dépôts, l’ONF et des financiers institutionnels : la fine fleur du libéralisme à la française. On pourrait selon nous faire mieux et regrouper tous ces fonds stratégiques publics dans une Gosbank, l’ensemble des décisions étant synthétisées dans un Gosplan. On pourrait ainsi poursuivre la politique d’ouverture chère au Président, et nommer Maxime Gremetz pour diriger Gosbank et Gosplan : il a conservé quelque nostalgie de la grande époque de l’URSS.

 

 

 

Le 28 mai 2009

   
 
  

 

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