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Globalement, les pays libres ont compris
l’enjeu de ce qui se passait en Afghanistan, principale base des terroristes et
d’Al-Qaïda, via les talibans. Obama n’a pas changé sur ce point la politique américaine ;
il parle même de renforcer la lutte. Mais c’est maintenant la situation au Pakistan
qui inquiète les occidentaux. Le pays est une poudrière. Or c’est un des rares
pays à posséder un arsenal nucléaire. Celui-ci pourrait, s’il tombait dans de
mauvaises mains, provoquer une catastrophe mondiale. Hillary Clinton a mis en
garde contre ce risque majeur. Il y a longtemps que les talibans pratiquent
la guérilla au Pakistan. Le district pakistanais sous contrôle des talibans ne
cesse de s’étendre. Ils se rapprochent peu à peu d’Islamabad et sont désormais
à moins de Les liens sont étroits entre les talibans
et Al-Qaïda. Les talibans sont très organisés. Ils ne se contentent pas d’attaques
ponctuelles et de commandos suicides ; ils administrent désormais à leur
façon des régions entières. Ils sont bien armés, avec des lance-roquettes et des
mitraillettes, quadrillent toute la région, érigent des barrages sur les principaux
axes. Des officiers de police ou des administrateurs désertent les districts concernés
et leur laissent carte blanche et place nette. Les juges, les avocats, les enseignants,
les hommes d’affaires, bref tout ce qui représentait l’ordre précédent, doivent
fuir massivement. Le régime du Pakistan avait cherché à amadouer
les talibans en passant avec eux un accord, pour l’application de la charia dans
les zones rebelles. Cela s’est traduit par la reconnaissance de tribunaux islamiques
et une application « soft » de la charia, contre un cessez-le-feu et
la stabilisation du front. Mais la politique de gribouille, (amadouer l’adversaire
en mettant en œuvre la politique qu’il souhaite) n’a jamais eu d’effets positifs.
Les autorités reconnaissent que c’était une énorme erreur, qui n’a fait que doper
les talibans, puisque le gouvernement cédait devant leurs exigences. On ne négocie
pas avec le diable, surtout en entrant dans son jeu. Les dirigeants multiplient les erreurs.
Après avoir arrêté à Islamabad l’imam de la mosquée rouge, taliban enragé, ils
viennent de le libérer et il a aussitôt, dès son premier prêche, demandé l’application
de la charia. Ses partisans font venir pour l’écouter du monde de tout le pays,
en leur fournissant transport et nourriture et en jouant les pauvres contre les
riches. Finalement, il n’y a pas seulement le risque
international, dans une région qui n’a pas besoin de déséquilibres supplémentaires.
Il y a aussi le risque nucléaire. Peut-on imaginer Al-Qaïda ayant ainsi un accès
à l’arme nucléaire ? Cela représente tout de même 60 ogives : de quoi
faire de dramatiques dégâts. Il y a quinze ans qu’Al-Qaïda cherche à avoir la
bombe. Mais au-delà de ce risque majeur, il y a
un autre drame qui se joue, cette fois pour la population locale. Sait-on ce que
signifie la prise de pouvoir dans les régions par les talibans ? Appliquer
la charia, comment cela se traduit-il ? D’abord, ils ont ordonné la fermeture
des écoles de filles. Ensuite, ils ont décidé que la musique serait interdite,
car contraire à la loi coranique. Cela ne suffit pas. Il faut aussi entrer dans
les détails de la vie de chacun. Par exemple, ils vont dicter la bonne longueur
de la barbe des hommes. Des règles précises et contraignantes diront ce qu’il
faut faire pour les femmes et les enfants. Où est alors la liberté personnelle ?
Les droits fondamentaux ? La dignité de la personne ? Que disent nos
bonnes âmes, toujours prêtes à bondir pour dénoncer le sort injuste fait dans
les démocraties aux prisonniers ou aux coupables. Une femme, un enfant, ne méritent-ils
pas autant d’attention, sinon plus, qu’un prisonnier de droit commun ? Ce
silence est coupable. Personne ne pourra dire qu’il ne savait pas.
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