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L’OCDE
vient de publier son traditionnel rapport annuel sur C’est
d’abord la question de l’assainissement budgétaire qui est mise en avant. Bien
sûr, l’OCDE reste politiquement correcte en disant que ce sera une priorité dès
la reprise de la croissance, ce qui est une absurdité : c’est une priorité
immédiate et une condition de la croissance. Mais le diagnostic est clair :
il faut réduire le déficit public, éviter à tout prix les hausses d’impôts et
donc, conséquence imparable, réduire fortement les dépenses publiques. Sous-entendu :
ce qui est fait actuellement (ne remplacer qu’un fonctionnaire sur deux par exemple)
n’est qu’un petit hors-d’œuvre. L’OCDE
rappelle qu’en trente ans, les dépenses publiques en France sont passées de 44,6%
du PIB à 52,4%, record d’Europe. Mais surtout l’OCDE conteste les prévisions du
gouvernement en matière de déficit : l’ensemble des déficits publics passera
cette année à 6,7% du PIB et en 2010, c’est déjà demain, on devrait atteindre
8,3% du PIB ! On en était à moins de 3% en 2007 et on devait revenir bientôt
à l’équilibre : nous voilà à presque trois fois le maximum autorisé par les
traités européens ! L’OCDE précise donc qu’il faudra non seulement s’attaquer
aux dépenses de l’Etat, mais aussi à celles de la sécurité sociale et des collectivités
locales. Autre
sujet sensible, le marché du travail ; Il faut réduire sensiblement le coût
du travail pour les moins qualifiés. Comment ? « En agissant plus directement
sur le salaire minimum ». Autrement dit, pas question de tourner autour du
pot en réduisant le coût salarial (par les charges) sans toucher au sacro-saint
salaire minimum : c’est lui qui est en cause désormais. Autre élément sur
le marché du travail, assouplir la législation sur les licenciements, ce qui ne
va pas tout à fait dans le sens des discours politiques et syndicaux actuels.
Et faire travailler plus les Français, notamment au-delà de 60 ans, avec des incitations
à travailler et un relèvement de l’âge légal de la retraite. Le taux d’emploi
des jeunes est également jugé insuffisant, tandis que l’OCDE trouve que les Français
ne travaillent pas assez : voilà qui fera plaisir à la dame des 35 heures ! Du
coté des entreprises, il faut améliorer leur compétitivité, notamment par une
diminution globale des charges. Et aussi mettre fin aux aides ciblées, pour alléger
les impôts : exit les politiques interventionnistes de subventions. On n’est
plus tout à fait dans les compliments du début. Il en va de même pour la concurrence :
il faut aller beaucoup plus loin et développer celle-ci. C’est ainsi que l’OCDE
propose d’abroger totalement les lois Royer-Raffarin et de supprimer-enfin- les
barrières à l’entrée dans les professions fermées. Il est vrai que 50 ans après
le rapport Rueff-Armand et en dépit du rapport Attali, on en est en gros au même point : Autre
proposition qui fera plaisir aux grévistes professionnels des universités, qui
se plaignent de la privatisation et de la concurrence : aller beaucoup plus
loin dans l’autonomie des universités, pour leur budget, les rémunérations, mais
aussi pour la liberté des droits d’inscription et la possibilité de sélection
des étudiants. D’ici à ce que les étudiants défilent devant le siège de l’OCDE,
il n’y a pas loin… Toutes
les mesures interventionnistes sont passées au crible, car elles ont un coût élevé,
ne provoquent en général que des effets d’aubaine, donc ne servent à rien. Elles
sont en outre souvent détournées de leur objet. Nouvelle critique de l’interventionnisme. Pourtant
l’OCDE est un organisme bien modéré, proche des gouvernements, assez politiquement
correct. Faut-il donc que la situation soit terriblement dégradée et montre un
étatisme forcené pour que l’OCDE prenne ainsi le risque d’être traité d’ultralibérale !
Ce n’est pourtant que du simple bon sens.
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