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La
question du réchauffement climatique agite beaucoup les scientifiques-qui ne sont
pas tous d’accord-, les écologistes et les hommes politiques. De nouvelles négociations
internationales vont s‘ouvrir sur ce thème. Beaucoup mettent en avant les gaz
à effets de serre, dont une partie vient de l’activité industrielle, transports,
énergie fossile, déforestation, etc. Mais d’autres pensent que les cycles de gaz
à effet de serre sont d’abord liés à des mouvements de longue période comme les
phénomènes glaciaires. Et l’essentiel de l’effet de serre est d’origine naturelle,
avec en tête le rôle majeur de la vapeur d’eau et des nuages. Un
aspect intéressant de la question, en même temps qu’humoristique, est la question
du rôle du méthane dans ces phénomènes, étant entendu que l’impact sur l’effet
de serre d’un kilo de méthane (CH4) est 23 fois plus fort que celui d’un kilo
de CO2 (dioxyde de carbone). Un article du Monde 2 attire l’attention sur un aspect
original de la question. Notre confrère rappelle que chaque jour une « honnête
laitière normande », dans une prairie, produit en moyenne selon l’INRA 400-600
libres de méthane et 600- Si
on tient compte du cheptel mondial, cela donne 900 milliards de tonnes à l’année,
soit 18% des émissions totales de gaz à effet de serre selon Le
Monde 2 entre dans des détails techniques que nous épargnerons à nos lecteurs
ayant l’âme sensible. C’est un problème lié au système digestif des ruminants.. Toujours est-il qu’il y a là une grave
atteinte à l’environnement, puisque cela contribue grandement à l’émission
de gaz à effet de serre, donc, parait-il, au réchauffement de la planète. D’où
la question angoissante : pour protéger l’atmosphère, « devra-t-on réduire
le troupeau, manger moins de viande ou instaurer des quotas sur le yaourt ?».
Mais c’est compter sans l’imagination des hommes en général
et des scientifiques en particulier. Ainsi
Le Monde 2 nous apprend que l’INRA a constaté qu’un apport de 6% de lipides issus
de la graine de lin dans l’alimentation du bétail diminue la production de CH4
de 27 à 37% ! Mais à l’université de Dublin, on a remarqué que l’introduction
dans le fourrage de 2% d’huile de poisson, qui est riche en oméga-3, provoque
une baisse importante de CH4. Mieux encore, aux Etats-Unis on a réduit de 20%
les émanations de méthane dans une porcherie en arrosant le sol d’huile de graines
de soja. Les
Australiens ont débloqué 15 millions pour lancer un programme de recherche, tandis
qu’un nouveau rapport sur le réchauffement climatique suggérait de consommer plutôt
du kangourou, qui, apparemment, n’a pas les mêmes problèmes digestifs que les
vaches. Enfin, une université galloise (les universités françaises semblent moins
imaginatives, peut-être trop occupées à chercher comment empêcher le bon déroulement
des cours) préconise l’usage de l’ail pour diminuer de moitié la production de
méthane chez les ruminants. Nous nous dispenserons de tout commentaire sur les
résultats olfactifs de l’opération. Au-delà
de l’aspect ludique de cette information, nous nous posons quelques questions
simples. D’abord, il apparaît clairement que la responsabilité de l’homme dans
l’évolution des gaz à effet de serre n’est pas unique et que le phénomène est
sans doute plus compliqué qu’une écologie un peu trop simpliste le laisse entendre.
Sans parler des liens entre cette évolution et le réchauffement. Mais surtout
nous voyons dans ces anecdotes une formidable raison d’espérer. L’homme a une
imagination sans limite ; s’il est capable de régler les problèmes des effets
indirects de la digestion des ruminants, il sera bien capable de régler les problèmes
des émissions industrielles ou des moyens de transports : question de temps,
de moyens, d’imagination. Or les économistes savent bien que si l’on veut résoudre
un problème de ce type, c’est simplement de liberté dont l’économie a besoin.
Voilà pourquoi nous croyons plus pour ces questions à l’écologie de marché qu’à
l’écologie politique.
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