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A voir les hésitations
du gouvernement d’Angela Merkel, composé de chrétiens-démocrates (CDU) et de sociaux-démocrates
(SPD), nous avions plusieurs fois fait part de nos inquiétudes : le SPD,
par peur de la nouvelle formation d’extrême-gauche, Die Linke, avait gauchi son discours et Nos confrères
ne s’y sont pas trompés : pour Le Figaro « Le virage à gauche du SPD
sème le trouble à Berlin » ; pour Le Monde, qui parle d’un « programme
orienté à gauche », « les sociaux-démocrates allemands veulent plus
d’impôts pour les plus aisés ». L’impôt sera donc un des éléments au cœur
de la campagne, comme la fois précédente, puisque la CDU avait même avancé (pour
y renoncer ensuite) un projet de flat tax. Le SPD est évidemment aux antipodes de la flat tax, puisqu’il veut encore accentuer la progressivité de l’impôt.
Il propose de relever de 45% (ce qui est déjà énorme) à 47% le plafond des impôts
pour certains contribuables (par exemple au-delà de 125 000 euros). Le SPD
sait qu’il ne peut guère aller plus loin, car on s’approche de la limite fixée
par C’est le vice-chancelier et patron du SPD qui a proposé ce gauchissement du programme, Frank-Walter Steinmeier. Mais il n’y a pas que les impôts. La démagogie coule à flot. Il dénonce « l’échec du radicalisme du marché libre » et il ajoute « Quand un dirigeant de banque gagne autant que 500 infirmières, le sentiment de justice est mis à mal ». Pour quelqu’un qu’on prétend venir de l’aile droite, il y a mieux. Mais le SPD ajoute une taxation des transactions boursières (sans doute pour aider à faire remonter la bourse), des investissements massifs dans l’éducation et la formation, donc de nouvelles dépenses publiques. Un autre point qui marquerait une rupture par rapport à la politique allemande est la proposition d’imposer un salaire minimum (7,50 euros de l’heure) dans toutes les branches. Or l’Allemagne avait écarté cette idée jusqu’à maintenant, au niveau fédéral, ce qui explique en particulier l’absence de tout chômage des jeunes, contrairement aux pays à salaire minimum élevé, pour lesquels le SMIC constitue une barrière à l’entrée pour les débutants. Certes, l’idée de SMIC avait déjà été évoquée par le SPD pour certains secteurs, comme la poste, mais maintenant elle serait généralisée ; voilà franchi un pas beaucoup plus radical et dangereux à un moment où la menace du chômage se pose pourtant avec acuité. Sans doute faudra-t-il attendre la mi-juin pour qu’un congrès avalise ces propositions. Mais on voit bien que le SPD, habitué pendant longtemps à ne pas avoir de vrais concurrents sur sa gauche, est paniqué par les sondages favorables à Die Linke et pense s’en sortir en lui courant après. Pour l’instant, le SPD n’envisage pas une sorte de « programme commun de la gauche » qui a jadis tant apporté à la France : au niveau fédéral une coalition avec Die Linke est exclue. Les seuls alliés possibles sont les Verts, mais SPD et Verts ne feront pas une majorité. Il faudrait y adjoindre les libéraux du FDP. Or ceux-ci ont été traumatisés par ces propositions du SPD et leur chef de file a déclaré qu’un programme de hausse d’impôts ne se ferait jamais avec lui. « Sur cette base, il ne peut y avoir de collaboration ». Le SPD a donc probablement choisi la mauvaise tactique. Puisque le virage
à gauche du SPD semble irréversible, la grande question qui se pose non seulement
aux Allemands mais aux Européens est de savoir s’il y aura un effet de contagion
à la CDU d’Angela Merkel.
Il est peu probable que
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