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Jusqu’où et jusqu’à quand tolérer ce qui se passe dans certaines universités ? Certes, ici nous n’avons pas été tendres pour les maladresses gouvernementales, en particulier à propos du décret sur les enseignants chercheurs, menacés dans leur indépendance et soumis à l’arbitraire des présidents d’université. Le corps professoral était presque unanime sur ce point. Beaucoup d’enseignants ont choisi des manifestations modérées, comme la grève à la japonaise (faire cours avec un brassard), ils ont évité de pénaliser les étudiants. Dans ces universités là, tout est rentré dans l’ordre, les cours sont terminés et les examens se déroulent normalement. Mais dans d’autres universités, les plus politisées, on a préféré l’affrontement et le blocage du système. Les raisons en sont variables : protestation contre la masterisation pour les enseignants de lycée, (réforme justifiée, mais mal ficelée dans les détails pratiques), volonté de maintenir le monopole du CNRS, lutte contre l’autonomie (de façade) instaurée par la loi LRU, déjà appliquée partout, et surtout grande manipulation médiatique pour dénoncer la privatisation des universités, dont on n’a pas vu le début du commencement d’application, hélas. Tout cela, nous l’avons déjà expliqué : tous les prétextes sont bons pour poursuivre dans un nombre limité de facultés la grève, les manifestations, l’agitation. Mais le pire n’était pas encore atteint. Voici d’abord la violence, dont nous avons décrit certaines manifestations il y a peu, avec séquestrations des personnes, atteintes brutales à la liberté du travail (blocage par quelques dizaines d’enragés), refus des consultations démocratiques, en gros la force brute, décourageant les plus sérieux, qui en ont assez de passer leurs journées en AG inutiles, dont les décisions ne sont ni représentatives, ni appliquées lorsqu’elles ne vont pas « dans la bonne direction ». Quelle peut-être la crédibilité d’universités, certes minoritaires, bloquées pendant deux ou trois mois. Parfois, certains cours n’ont même pas commencé. Ensuite, voici soulevée maintenant la question des étudiants étrangers, venus chercher les trente crédits de leur semestre, repartant sans avoir eu de cours, après avoir souvent payé beaucoup plus cher que les Français. Ils rentreront chez eux bredouille : un semestre perdu. Leurs amis, leurs frères, leurs connaissances ne viendront pas en France désormais. Enfin, voici les examens compromis pour la masse de ceux qui étudient dans des universités et des facultés bloquées. Comment tolérer l’irresponsabilité des meneurs vis-à-vis de la majorité impuissante ? Dans le meilleur des cas, les examens seront retardés de plusieurs semaines, pour permettre à certains cours de se découler. Tant pis pour ceux qui ont des stages, des jobs d’été, des séjours linguistiques. On a vu certains enseignants sérieux, ne pouvant organiser d’examen dans des locaux occupés, prendre n’importe quelle salle (y compris un MC Do), les responsables annulant l’examen pour cause de bruit ! Certains conseils d’université ont supprimé l’examen final pour le remplacer par un contrôle continu, ce qui est discutable comme technique généralisée, surtout quand la plupart des cours n’ont pas eu lieu. Mais dans certaines AG les meneurs ont trouvé mieux : le « semestre blanc », c'est-à-dire la réussite pour tout le monde, sans cours et sans examens, avec 10 de moyenne. On imagine la réaction de ceux qui ont travaillé sans cesse et ont raté leurs (vrais) examens, face à ceux qui auraient ainsi réussi sans rien faire. Heureusement, pour l’instant, présidents et ministère ont fait savoir qu’il n’en était pas question, mais la proposition est réclamée par la 8ème coordination nationale ! Toutes ces folies, fussent-elles au seul niveau du discours, sont dramatiques pour l’image de certains diplômes : on sait déjà qu’une licence n’en vaut pas une autre, en dépit de la fiction des diplômes d’Etat. Ajoutons, pour faire bonne mesure, la « vente » de diplômes pour certains étudiants chinois, et on aura touché le fond. Pendant ce temps, les futurs bacheliers font leur préinscription : comment s’étonner de les voir se précipiter dans les filières sélectives ou abandonner en masse certaines facultés réputées pour leurs grèves ? Ils votent « avec leurs pieds » et vont voir ailleurs. Nicolas Sarkozy affirme vouloir lutter contre l’insécurité : qu’il commence par mettre fin à la chienlit dans certaines universités.
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